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Maroc: Statu quo pour les femmes au parlement

Par Amina Barakat
Source: Inter Press Service News Agency
(20 septembre, 2007)

RABAT, 20 sep (IPS) - Les élections législatives de septembre 2007 ont permis à 34 femmes marocaines de se faire élire sur les 325 membres que compte la chambre des députés. C'est un siège de moins par rapport aux élections législatives de septembre 2002, mais c'est une constante encourageante, estiment certaines des élues.

Les 34 sièges ont été gagnés par : le Parti de la justice et du développement (PJD), un parti de tendance islamiste, sept sièges ; le Parti de l'Istiqlal (PI), six sièges ; le Mouvement populaire (MP), cinq sièges ; le Rassemblement national des indépendants, (RNI), cinq sièges ; l'Union socialiste des forces populaires (USFP), quatre sièges, et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), trois sièges.

Les quatre autres sièges ont été conquis par des femmes qui se sont présentées sur une liste dite locale où elles étaient en compétition avec des hommes. Il s'agit de Yasmina Badou, du Parti de l'Istiqlal, élue à Casablanca, Latifa Jbabdi, membre du bureau de l'USFP, grande figure de l'action féminine nationale, élue à Rabat, la capitale du Maroc, Fatna Khiel, du Mouvement populaire, élue à Kenitra, à 40 km de Rabat, et enfin, Fatiha Lyadi, l'unique candidate sans appartenance politique, élue dans la région de Marrakech, dans le sud du pays.

Au nombre de ces 34 élues, il y en a qui sont des figures médiatiques nationales pour avoir eu différentes responsabilités au niveau national.

L'élue du Parti de l'Istiqlal, Yasmina Badou, occupe le poste secrétaire d'Etat chargée de la Famille, de la Solidarité et de l'Action sociale au sein du gouvernement sortant depuis 2002.

Latifa Jbabdi, de l'USFP, ex-patronne de l'Union de l'action féminine, est une figure très connue sur la scène politique et sociale.

Fatiha Lyadi, l'unique candidate élue parmi les 'Sans appartenance politique' (SAP), est journaliste de formation, actuellement directrice de l'information au ministère de la communication.

''Réellement, le chiffre n'a pas beaucoup d'importance par rapport à la compétence des femmes élues. Bien qu'il soit encore faible, le nombre de femmes élues peut représenter une force. Ce qui compte, c'est le discours, la qualité des interventions à l'hémicycle et la capacité de convaincre'', confie à IPS Latifa Jbabdi, élue de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), ex-détenue politique et membre du bureau politique de son parti.

Jbabdi est une figure très connue au Maroc pour ses combats en faveur des causes féminines.

''Ce qui caractérise cette nouvelle vague de femmes élues, c'est la qualité des élues en elles-mêmes. Elles sont jeunes, instruites, cadres supérieurs de l'administration et universitaires. Cela leur donne la capacité de tenir des débats. C'est un acquis pour le pays'', estime Moustafa Zaari, chroniqueur dans le quotidien arabophone Assabah, paraissant à Casablanca, la capitale économique marocaine.

Le nombre de siège aurait même pu dépasser les 34, si la liste de l'Union constitutionnelle (UC) n'avait pas été annulée par le ministère de l'Intérieur, alors que ce parti compte plus d'une dizaine de femmes dans son bureau politique, des femmes qui auraient pu bien se positionner sur la liste du parti.

Une femme qui n'a pas l'âge d'être candidate aurait été imposée comme tête de liste par certains dirigeants du parti, alors même qu'elle venait à peine d'adhérer au parti. Certains membres du parti ont aussitôt contesté ce positionnement.

Le litige ne trouvant pas de solution, le ministre de l'Intérieur a dû invalider cette liste qui a toutefois montré une réelle volonté de faire la promotion des femmes.

''Féminiser la politique n'est pas seulement la volonté des femmes, mais de tous les Marocains, même des islamistes'', estime Mohamed Regragui, journaliste et analyste politique à l'hebdomadaire Al Ayam, paraissant à Casablanca.

A travers certaines déclarations à la presse et la présence de plusieurs femmes candidates sur leurs listes, les partis islamistes ont prouvé qu'ils ne sont pas contre l'émergence des femmes marocaines en politique, estime Regragui.

Par ailleurs, l'analyste politique pense que l'idée d'adopter un quota pour les femmes au parlement est une mesure qui a incité beaucoup de femmes marocaines à s'impliquer dans la bataille politique au sein des partis.

''Ce qui serait négatif, c'est leur offrir ces sièges gratuitement, rien que pour meubler le parlement'', ajoute Regragui.

Selon lui, c'est sûr que le nombre de 34 élues ne répond pas aux attentes des femmes, ni même à celles de certains politiciens qui croient en elles. Le problème réside à l'intérieur des partis politiques où les femmes sont toujours minoritaires dans les instances de décision.

En 2002, elles étaient 266 à se présenter aux élections législatives. Cette année, elles ont été 299 à tenter leur chance, ce qui montre une augmentation significative des femmes engagée en politique.

Pour Fatima Bekkari, classée 12ème sur la liste du Parti national démocrate (PND), ''la campagne fut une belle aventure et une riche expérience en matière de contact avec le public. Même si cela n'a rien donné, je vois l'avenir en rose, et j'espère que ma fille pourra cueillir les fruits de nos combats'', conclut-elle.

Une fois la bataille des législatives terminée, il reste maintenant aux femmes marocaines à mener celle pour la conquête des postes au sein du gouvernement marocain dont le sortant ne compte, en son sein, que trois femmes sur plus d’une trentaine de membres. (FIN/2007)

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