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Cameroun: Marie-Louise Eteki Otabela, j'espère au moins 30 femmes au parlement
Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

A 60 ans elle vise l'Assemblée nationale après avoir échoué aux portes de présidence en 2004

Source: AllAfrica
9 Juillet 2007

AllAfrica: Vous êtes présidente de la Coordination des forces alternatives et candidate pour la députation contrairement à 2004 où votre candidature fut rejetée pour la présidentielle, est ce à dire qu'il y a pas eu de barrières cette fois ?

Marie-Louise: Pas du tout ça n'a pas été facile. Le système en place a décidé de nous mettre hors course en mettant la caution à 500.000 Fcfa. Et je vous assure que je me suis saignée pour rassembler cette somme. J'ai élevé la voix pour que les femmes candidates payent 50.000 Fcfa. J'ai rédigé une lettre au président Paul Biya qui, comme d'habitude, est resté muet.

Une fois au palais des Congrès j'ai essayé de faire comprendre au ministre des l'Administration territoriale et de la Décentralisation qu'une femme dans la Lékié avait moins de 15.000 Fcfa par mois. Et bien celui-ci m'a rétorqué qu'il s'agit d'une anecdote. Le système a certes accepté ma candidature mais je reste convaincue que les élections seront truquées car rien n'a changé depuis 1992.

AllAfrica: Pourquoi dites-vous cela ?

Marie-Louise: Le Rdpc, parti au pouvoir, met tout en oeuvre pour freiner l'épanouissement des ses adversaires. Lors de ma première sortie à Okola, je n'ai eu ni accès aux chaises ni à l'électricité que j'avais pourtant négociés la veille auprès des populations. L'ordre a été donné par mon adversaire du Rdpc de tout me refuser. Vous vous rendez compte, l'on a déjà commencé à intimider les populations comme toujours.

En plus, lorsque j'arrivais il m'a été demandé d'apporter au moins un boeuf si je voulais rivaliser avec cet adversaire qui selon mes sources a donné 4 cochons aux populations. Non seulement il me sabote mais il achète aussi les gens.

AllAfrica: Pourquoi allez-vous donc au scrutin puisque vous n'avez aucune chance ?

Marie-Louise: Je ne fais pas la politique pour engraisser les gens. L'adversaire utilise l'argent; moi j'ai des idées et des arguments. J'appelle les populations de la Lékié ouest à se réveiller. Et je garde espoir que le moment venu elles vont faire le choix du changement. Partant de là, je crois que rien n'est joué d'avance. Les Camerounais doivent s'arracher du joug Rdpc et tout doit commencer par le département de la Lékié dont je suis originaire.

AllAfrica: Vous déplorez la situation de misère des femmes, comment allez vous financer votre campagne ?

Marie-Louise: J'ai un restaurant très connu dans ce pays, il me rapporte des revenus. Et puis il y a mon mari qui me soutient avec par exemple une voiture qui m'a permis de lancer ma campagne à Okola.

AllAfrica: Mais une campagne coûte cher, et vous ne pouvez pas la financer en gérant un restaurant...

Marie-Louise: C'est vous qui pensez qu'il faut des millions pour faire une campagne. Un petit meeting comme celui que j'ai fait pour débuter ma campagne nécessite un budget de 250.000 à 300.000 Fcfa pour s'occuper d'environ 150 personnes venues m'entendre. Je compte en organiser plusieurs comme celui là mais environ 5 de grande envergure.

AllAfrica: Concrètement qu'est ce qui fait la différence entre vous et les autres?

Marie-Louise: J'ai un idéal pour le Cameroun, celui d'un pays féminin pluriel c'est-à-dire qui met l'accent sur les valeurs féminines sans pour autant détruire les hommes. D'ailleurs je suis entouré d'hommes qui ont pris conscience de l'oppression de leurs mères, filles, soeurs, et épouses. Par ailleurs notre parti a présenté deux listes respectivement dans la Lékié Ouest et dans à Douala dans le Wouri 2ème . Ce sont les femmes qui sont têtes de liste et dans ma liste de 6 membres, il y a 5 femmes. Nous sommes le seul parti à fonctionner ainsi.

AllAfrica: Est-ce que vous croyez tout de même en des femmes d'autres partis ?

Marie-Louise: Oui il y a d'anciennes camardes avec qui j'ai milité dans le Cri et qui sont aujourd'hui dans d'autres formations politiques de la vraie opposition. Ainsi j'espère qu'à l'issue du scrutin du 22 juillet le nombre de femmes au parlement passera au moins de 16 à 30 pour que nous puisions faire contre poids.

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