Alexis de Tocqueville, 1831
''Notre nation doit défendre le caractère sacré du mariage.''
Le Président des Etats-Unis George W. Bush, 2004
Les lois relatives au mariage et la transformation de l'institution du mariage ont de tout temps eu des attaches avec l'activisme féministe à travers le monde. Le féroce débat juridique et politique qui traverse en ce moment les Etats-Unis, offre une opportunité pour explorer le rôle politique de la religion dans une société formellement laïque et le rôle du mariage comme véhicule des croyances religieuses concernant le genre. Cette vue d'ensemble des développements actuels aux Etats-Unis met en lumière les liens entre la privatisation des services sociaux, le rôle étendu de la religion dans la politique officielle, et les attaques sur l'indépendance du pouvoir judiciaire en tant que gardien des garanties des droits humains laïques. Elle affirme également que les efforts pour comprendre et effectuer le changement dans les significations du mariage seront renforcés en prenant en compte ses dimensions sociales, politiques et religieuses complètes.
Par Donna J. Sullivan, WHRnet
ENJEU RESSOURCES ADDITIONELLES
Les Guerres de Mariage des Etats-Unis
Bush et ses Allies a L'Œuvre : Promouvoir le Mariage, La Privitisation Des Services Publiques et ‘'Partenariats'' Sectairs Avec le Gouvernement
L'Independance du Pouvoir Judiciaire Remise en Cause.
Les Multiples Significations de Mariage
Ressources
Sources
Les Guerres de Mariage des Etats-Unis
En Janvier 2004, le Président des Etats-Unis George W.Bush annonçait qu'il voudrait renforcer les programmes pour promouvoir le mariage, particulièrement parmi les couples à faible revenu, en augmentant le financement des programmes pro-mariage de 6 millions en 2003 à 1.5 milliard sur les 5 prochaines années. L'annonce était largement perçue comme une mesure ferme en réponse aux appels des groupes conservateurs Chrétiens en faveur d'un amendement interdisant le mariage du même sexe, suite à une décision de Novembre de la haute cour du Massachusetts qui soutient le droit des couples lesbiens et homosexuels de se marier en vertu de la constitution de cet Etat.Dans son discours sur l'Etat de l'Union de Janvier, Bush a également affirmé que certains juges ''ont commencé à redéfinir le mariage par décision judiciaire, sans considération de la volonté du peuple et ses représentants élus….Si les juges persistent à imposer leur volonté arbitraire sur le peuple, la seule alternative qui reste au peuple serait le processus constitutionnel. Notre nation doit défendre le caractère sacré du mariage.''1 L'initiative pour la promotion du mariage de Bush était clairement liée aux revendications de la droite religieuse pour ''protéger'' l'institution du mariage traditionnel de l'érosion par le mariage du même sexe. Mais elle offre également un véhicule pour drainer les fonds public vers les conservateurs, principalement religieux, les organisations et pour étendre leur influence sur l'action politique du gouvernement , de même que sur la communauté des affaires locale.
Dans les jours qui ont suivi les commentaires de Bush, la Cour Suprême du Massachusetts a clarifié son opinion initiale et soutenu que les unions civiles ne sont pas une alternative acceptable aux mariages à part entière. La Cour a fait remarquer que la constitution de l'état n'encouragerait pas les solutions du genre ‘'séparés mais égaux'' pour revendiquer l'égalité. Bush a aussitôt condamné l'opinion comme l'appropriation des processus de la prise de décision politique par des juges activistes. Ensuite, le 12 Février, le Maire de San Francisco a donné l'ordre aux fonctionnaires de la municipalité de commencer à délivrer les permis de mariage aux couples lesbiens et homosexuels, au mépris de la loi de l'état définissant le mariage comme une union entre un comme et une femme. Lee Newsom, un homme d'affaires Démocrate marié à une femme, indiquait que les observations de Bush en Janvier ont été le catalyseur de sa décision et dépeignaient le mariage du même sexe comme un droit non discriminatoire.
En un mois, plus de 4.000 permis de mariage ont été délivrés aux couples du même sexe sans qu'aucun juge n'intervienne. Le 11 Mars la Cour Suprême de Californie a donné l'ordre aux fonctionnaires municipaux de San Francisco de cesser de célébrer les mariages du même sexe en attendant l'audience en Mai ou Juin de deux procès intentés contre les autorités municipales qui ont délivré les permis. Le tribunal n'a pas évoqué la légalité des mariages ou les arguments constitutionnels soulevés par les fonctionnaires municipaux pour leur défense. Les célébrations de San Francisco ont provoqué une réaction en chaîne sur une base communautaire dans les grandes villes et les petites villes de l'Oregon, New York et du New Mexico, où les autorités ont commencé à délivrer des permis de mariage aux couples du même sexe. A New Paltz, une ville au nord de la ville de New York, le Maire est actuellement sous le coup d'une inculpation pour 25 célébrations de mariage du même sexe.
Les néo conservateurs et la droite Chrétienne ont accéléré les efforts qui existaient déjà pour interdire les mariages en vertu des lois de l'état. Depuis le 15 Avril, 39 états ont adopté les lois de ‘'défense of mariage ‘' stipulant que le mariage est entre un homme et une femme, et 3 autres avaient adopté la législation qui interdit le mariage entre même sexe. Vingt quatre états avaient présenté une législation cherchant à amender leurs constitutions en vue d'interdire la célébration et / ou reconnaître les mariages du même sexe, et dans certains cas, des unions civiles, des partenariats domestique ou autres formes de reconnaissance des relations du même sexe. De telles mesures n'ont pas réussi dans 11 états et votées dans 4. Dans l'OHIO un amendement de la constitution de l'état sera soumis aux électeurs en Novembre pour adoption.
Au niveau fédéral, la législation adoptée en 1996 durant l'Administration Clinton interdit la reconnaissance fédérale des mariages homosexuels. Intitulée the Defense of Mariage Act, la législation dispense également les états de l'obligation de reconnaître les mariages du même sexe célébré dans d'autres états où ils pourraient être légaux. Le 24 Février, Bush demandait un amendement de la Constitution Fédérale qui interdirait les mariages du même sexe, affirmant qu'une magistrature ‘'activiste'' et des fonctionnaires municipaux rebelles n'avaient laissé aucune alternative. Les observateurs juridiques et les activistes des droits humains sont d'avis que le processus de l'amendement, conçu pour être un des plus difficiles, se heurte à d'importants obstacles politiques. Un amendement devrait être tout d'abord voté dans les deux chambres du Congrès par une majorité des deux tiers et ensuite par les trois-quarts des législatures étatiques (38 des 50 états). Le projet d'amendement de l'actuel Congrès interdirait le mariage du même sexe mais permettrait aux états de reconnaître les unions civiles du même sexe. Les Républicains semblent loin d'atteindre la majorité des deux tiers requise pour l'approbation du Congrès. Selon les sondages d'opinion, alors que l'opposition au mariage du même sexe est répandue (à plus de 50% des enquêtes dans tous les sondages), l'opinion sur un amendement constitutionnel est également divisée, reflétant une réticence à garantir une discrimination une situation basée sur la discrimination dans la constitution fédérale.
Dans ce débat, les rôles traditionnels du genre dans la famille, l'institutionnalisation du privilège hétérosexuel par le gouvernement, et le rôle de la religion dans la vie publique aux Etats-Unis sont contestés. Pour les socio conservateurs et la droite religieuse, contester la signification du mariage est à la fois un choix stratégique pour redéfinir la politique économique et sociale et la fonction de la religion dans les institutions publiques, et un effort pour faire adopter les croyances religieuses spécifiques par la société des Etats-Unis dans son ensemble. Pour le mouvement dominant des lesbiennes et les homosexuels, contester la signification du mariage est à la fois un choix stratégique pour protéger les droits civils et un effort pour s'engager en faveur d'une identité normative, culturelle, politique et juridique dans la société des Etats-Unis. La bataille sur le mariage entre même sexe et le programme de Bush pour la promotion du mariage représentent les déploiements stratégiques du mariage comme une institution et une construction idéologique. Mais les guerres du mariage résultent des courants les plus profonds du changement dans le rôle de la religion dans la politique officielle des Etats-Unis et la privatisation des services publics, de même que les reconfiguration en cours des rôles du genre. En outre, les significations du mariage sont en train d'évoluer dans certaines communautés religieuses, en réponse à ce que des couples du même sexe ont cherché et réalisé selon des degrés variables de reconnaissance des relations qu'ils ont engagées comme des unions spirituellement valables.
Bush et ses Allies a L'Œuvre : Promouvoir le Mariage, La Privitisation Des Services Publiques et ''Partenariats'' Sectairs Avec le Gouvernement
Le mariage est une institution en transition aux Etats-Unis. La commentatrice féministe Lisa Duggan fait remarquer qu'une diversité de partenariat formel et informel, permanent et éphémère, solennel et temporaire et d'arrangements par affinité ont supplanté tout modèle remarquable de la vie de famille.''2 Selon le gouvernement des Etats-Unis, ‘'le modèle conjugal général au cours de la dernière moitié du vingtième siècle peut être décrit à la fois par le mariage tardif et par une période d'une rapide augmentation de probabilité du divorce.''3 De 40 à 50% des premiers mariages pour les femmes et les hommes âgés de moins de 45 ans se terminent en divorce, bien que 75% de ceux-ci se remarient. La proportion des ménages traditionnels de couples mariés avec enfants a baissé à 26% de tous les ménages; elle était de 45% au début des années 1970. Ces tendances reflètent l'expansion des choix féminins à l'intérieur ou hors du mariage et une série d'autres facteurs, comprenant les changements dans la nature de la main-d'œuvre dont avait besoin le capitalisme post-industriel. Les réformes juridiques qui ont institué le divorce sans faute et la contractualisation des relations conjugales à travers les Etats-Unis vers les années 1970, ensemble avec la reconnaissance des droits des femmes de pouvoir contrôler les effets de leur sexualité, ont également soutenu la reconnaissance croissante du mariage décrit par l'historien Hendrick Hartog comme '' une marque de la capacité d'un individu adulte de trouver la signification (bonheur) d'une relation constante.''4
Un chœur d'alarme a retentit en réponse à ces tendances, proféré par religieux et socio conservateurs qui se plaignent du changement des configurations des rôles du genre voici plus d'un demi siècle et attribuent une vaste gamme de maux sociaux aux grands nombres de femmes qui se sont affranchies des mariages traditionnels. Comme le Commentateur néo conservateur George Will le perçoit : ''la procréation hors mariage, quoiqu'à l'origine des millions tragédies personnelles et d'innombrables pathologies sociales, a perdu beaucoup de son caractère honteux maintenant que 33 pour cent des naissances - y compris environ 60 pour cent des naissances chez les femmes de moins de 25 ans - arrivent à des femmes célibataires.... Le rapide déclin cours des quatre dernières décennies d'une institution sociale fondamentale tel que le mariage, et l'augmentation du désordre social qui l'accompagne correspondent habituellement à un certain évènement important telle que la guerre.''5
L'Administration Bush a lancé les programmes pour la promotion comme un moyen de rétablir le mariage sexospécifique traditionnel à sa place centrale dans un ordre social et politique idéalisé dans lequel un modèle du mariage spécifiquement Chrétien sert d'incubateur de la moralité publique et des valeurs citoyennes. Comme l'historienne féministe Nancy Cott l'a documenté, ‘'une forme particulière du mariage - la monogamie sur un modèle Chrétien, avec le mari comme le principal pourvoyeur - a été incorporé et soutenu dans la structure politique nationale aux Etats-Unis.''6 Dans ce contexte le droit de ne pas se marier apparaît comme un aspect indispensable du droit de se marier.
Mais les programmes pour la promotion du mariage avancent également les objectifs de la privatisation du gouvernement et détournent l'attention de l'échec du gouvernement à créer des emplois et de fournir des services sociaux, sur la responsabilité des couples à l'intérieur des mariages traditionnels en vue de satisfaire leurs propres besoins économiques et de bien-être social. Initialement présenté par les Républicains dans la cadre du Welfare Reform Act, les programmes ciblent les bénéficiaires de la sécurité sociale ayant un faible revenu et caractérisent les classes par rapport aux avantages d'un ''mariage solide,''des aptitudes matrimoniales, et de la capacité d'éviter le divorce. La proposition de Bush étendrait le financement à ces programmes, et lancerait les campagnes publicitaires pro-mariage visant le grand public. Il sera demandé aux états d'affecter une partie du financement fédéral de la sécurité sociale qu'ils reçoivent aux programmes pour la promotion du mariage ou perdre les fonds fédéraux.
Les programmes pour la promotion du mariage cherchent à rétablir l'ancienne armature économique du mariage, avec le mari comme un pourvoyeur indépendant et la femme comme une travailleuse et source de reproduction pour le ménage - servant et s'occupant des intérêts de son mari et des enfants dépendants ou des autres membres de la famille. Comme l'observe Duggan, ''les ménages de couples mariés ‘'allègeraient'' l'état de la dépense visant à aider l'assistance aux ménages monoparentaux, et du coût d'une vaste gamme de services sociaux, de la garde des enfants, aux services des invalides et à la maison de retraite. Le mariage devient ainsi un système de privatisation : les ménages dirigés par un couple d'individus mariés donnent aux femmes et aux enfants accès aux salaires les plus élevés des hommes, et fournissent également en ''privé'' beaucoup de services jadis proposés par les agences de sécurité sociale.''7
Les critiques ont démontré que les programmes pour la promotion du mariage s'immiscent dans la vie privée des gens, discriminent les parents célibataires pauvres et les couples du même sexe, et peuvent ne pas protéger de manière adéquate contre le risque de la violence domestique. Bien que la Maison Blanche dise que la participation aux programmes pour la promotion du mariage sera volontaire pour les bénéficiaires de la sécurité sociale, ceux qui choisissent de ne pas y adhérer pourraient subir un traitement discriminatoire de la part des praticiens de l'action sociale individualisée dont on espère qu'ils assurent l'inscription totale aux cours pour la promotion du mariage. Beaucoup de femmes pauvres pourraient, en fin de compte, se décider à y participer ou risquer de perdre les avantages de la sécurité sociale qui constituent l'unique source du soutien financier de leur famille. En Pennsylvanie, un tel programme actuellement attaqué devant les tribunaux par NOW Legal Defense, un groupe des droits des femmes, illustre comment sont affirmés maintenant les rôles traditionnels du genre: le programme vise à assurer des emplois à 90% aux pères participants mais, aucun objectif de ce genre n'est prévu pour les mères, et les services-conseil pour l'emploi ne sont assurés qu'aux pères.8
Dans son discours sur l'Etat de l'Union de 2004, Bush a également demandé le doublement du financement des programmes d'éducation sexuelle / abstinence uniquement. Les compagnons idéologiques pour les programmes pro-mariage, et les programmes abstinence uniquement ont reçu plus de la moitié d'un milliard de dollars depuis qu'ils ont été ajoutés par les Républicains au Welfare Reform Act en 1996. L'année dernière l'Administration Bush donnait 120 millions de dollars aux Organisations pour l'abstinence. Un grand nombre sont des groupes Chrétiens conservateurs qui présentent l'abstinence comme l'unique garde-fou contre les maladies sexuellement transmissibles et la grossesse hors du mariage. Au niveau de l'état, le financement qui auparavant soutenait une éducation sexuelle complète, et médicalement fiable (qui comprend mais ne se limite pas à l'éducation - abstinence) a été réaffecté aux programmes abstinence - uniquement, parce que les états doivent assortir les fond fédéraux aux programmes abstinence - uniquement.
Bien que les règlements gouvernementaux leur demandent de présenter des informations dans une structure laïque, les groupes religieux qui mettent en œuvre les programmes abstinence uniquement sont motivés par des croyances religieuses à propos de la sexualité qui ne sont jamais loin de la surface. Par exemple, le directeur d'un programme appelé Silver Ring Thing, qui essaie de persuader les jeunes adolescents à rester ''pures'' jusqu'au mariage, confiait à un journaliste de la BBC qu'il croit que ''la fin du monde est proche et que le Christ reviendra dans moins d'une génération...''L'abstinence, disait-il, ''est un outil pour atteindre les jeunes pour les amener à Dieu, et les sauvegarder pour le Second Retour ... '' Silver Ring Thing avait reçu 700.000 dollars des fonds fédéraux en 2003.9
L'introduction des programmes pour la promotion du mariage et l'abstinence uniquement est, en partie, le résultat des efforts ciblés par des fondations conservatrices, qui ont conceptualisé et financé la présentation publique des vues de l'aile droite sur le mariage au cours des 10 dernières années. En dédiant ces ressources à la promotion des vues néo conservatrices dans le milieu universitaire dominant, les groupes de réflexion, et les médias - et à la prolifération et la croissance des groupes de réflexion conservateurs - ces bailleurs ont produit un flot de rapports, d'articles, de livres, d'interviews radio télévisées, des engagements verbaux et des reportages dans la presse qui exposent les analyses politiques en faveur de vues Chrétiennes conservatrices sur la sexualité et le mariage.10
Ces programmes sont également une partie d'une campagne plus large de l'Administration Bush pour étendre le rôle des organisations religieuses comme pourvoyeuses de service, un processus amorcé sous le Welfare Reform Act de 1996. Sous le régime du ''charitable choice'' créé par l'Act, les organisations religieuses fonctionnent comme des entrepreneurs du gouvernement pour assurer une formation professionnelle, des programmes post-scolaires pour les enfants, des cures de désintoxication, des services de santé pour les adolescents, la réhabilitation des prisonniers, et un ensemble d'autres services. Le droit des organisations religieuses de participer à la livraison de service sous les programmes du gouvernement n'est pas nouveau. L'innovation est qu'elles peuvent maintenir leur caractère religieux en exécutant les programmes, plutôt que de se faire imposer légalement la restriction ou l'élimination du contenu de leurs activités financées par le gouvernement.
La philosophie de Bush encourage les services sociaux financés par le gouvernement qui utilisent explicitement des méthodes religieuses. En 2001, il a créé le White House Office of Faith - Based Community Initiatives pour faciliter l'obtention des ressources fédérales susceptibles de financer des programmes sociaux ''basés sur la foi.'' Mais même le Congrès contrôlé par les Républicains est très peu disposé à endosser le Faith-Based Initiative de Bush dans ses dimensions les plus complètes. Un nombre important de législateurs et de groupes religieux progressistes ont critiqué l'absence des garde-fous efficaces tant pour les clients que les employés du pourvoyeur de service contre le prosélytisme, la participation par coercition, et la discrimination sur la base de la religion. L'Administration Bush a utilisé les décrets et les changements réglementaires pour tourner cette opposition. Par les filières administratives il a inversé les interdictions précédentes sur les financements du gouvernement pour entretenir et réparer les édifices utilisés pour le culte religieux ou l'éducation, et accroître l'autonomie de recrutement des groupes religieux qui reçoivent des fonds du gouvernement. Au cours de l'année fiscale 2002 - 2003, Bush a utilisé les ordonnances pour autoriser des augmentations dans les crédits accordés par deux importantes agences fédérales à des organisations de service social basées sur la foi pour un total de 114 millions de dollars.11
Au début de Février, sous la menace d'un veto de la Maison Blanche, le Congrès a approuvé un projet de loi relatif aux services sociaux, qui permet la discrimination dans l'emploi sur une base religieuse dans des programmes financés sur des fonds publics et gérés par des églises, refusant les amendements qui visaient à assurer que les programmes soient gérés d'une manière laïque. La nécessité d'établir de rigoureux garde-fous contre la coercition religieuse et la discrimination est illustrée par les actions récentes de l'Armée du Salut à New York, un groupe Evangélique Chrétien qui reçoit 70 millions de dollars des fonds de l'état et de la municipalité pour ses programmes de service social destiné aux sans-logis. L'Armée (du Salut) s'informe maintenant sur les affiliations religieuses de ses employés et a intimé l'ordre à ceux qui s'occupent des enfants de devoir remplir un formulaire promettant de suivre la mission religieuse de l'Armée en travaillant avec eux.12
L'augmentation de la privatisation des services sociaux étend l'influence des organisations religieuses non seulement sur la politique officielle, mais également sur les conditions pratiques sous lesquelles les femmes et leurs familles accèdent aux services essentiels. L'impact des activités des organisations religieuses au niveau communautaire est particulièrement grave dans le cas des services pour les adolescents, qui sont un centre d'intérêts spécifique des efforts pour promouvoir les croyances religieuses conservatrices à propos des rôles sexospécifiques, le mariage et la sexualité. Et même s'il existait des garde-fous adéquats contre l'endoctrinement, le prosélytisme et la discrimination, l'expérience des missionnaires dans les régimes coloniales en Afrique et en Asie démontre que la délivrance des services essentiels par les institutions religieuses peut être coercitive de manière inhérente.
Alors que les institutions religieuses et les personnes religieusement motivées ont joué des rôles vitaux dans la promotion de la justice sociale et économique aux Etats-Unis, il n'y a pas maintenant de voix religieuses dans l'ascendant. Les interprétations obscurantistes de Christianisme pervertissent la représentation publique de la croyance religieuse, avec des vues ultra conservatrices sur les femmes et la sexualité au centre du débat. Des chrétiens conservateurs occupent des postes (fonctions) de haut niveau dans tout le gouvernement, et à leur tête se trouve un Président qui de manière routinière, cite la Bible et se réfère à sa religion comme une source d'autorité pour des décisions politiques. Les Etats-Unis exportent leurs politiques sociales à travers les programmes de développement et d'aide et imposent ces mêmes politiques par des moyens économiques et militaires. Le rôle étendu des organisations religieuses dans la politique officielle aux Etats-Unis menace les droits humains des femmes dans d'autres régions, comme l'a prouvé la réimposition de la « règle mondiale du bâillon » de Bush sur tous les programmes internationaux de planning familial. La règle du bâillon empêche les organisations qui reçoivent des fonds des Etats-Unis pour le planning familial international de mentionner l'avortement lorsqu-elles conseillent des clients sur les options juridiques de la santé génésique. Bush a refusé de débloquer 34 millions de dollars approuvés par le Congrès destinés au Fonds des Nations Unies pour la Population, sur la base de la fausse accusation que le FNUAP soutient l'avortement forcé en Chine.
Dans le cadre de l'initiative VIH-SIDA de15 millions de dollars du Gouvernement, où sont ciblés douze pays en Afrique et deux dans les Caraïbes, 20% de cet argent sont réservés pour la prévention et les 30% mis de côté pour la programmation de '' l'abstinence uniquement. Les groupes basés sur la foi qui souscrivent des contrats pour mettre en œuvre l'initiative seront autorisés à résilier la promotion de l'utilisation du préservatif sur la base de leurs croyances religieuses. L'Agence des Etats-Unis pour le Développement International qui dons le passé fournissait environ un tiers de tous les dons de préservatifs aux pays en développement (d'une valeur de 75 millions de dollars annuellement) a interrompu les livraisons à seize pays en Afrique, en Asie et au Moyen Orient parce que leurs groupes de planning familial sont associés à la Fédération Internationale de la Planification Parentale qui refuse de signer la règle du bâillon.
Les processus de privatisation comme ceux qui sont en cours dans les programmes intérieurs de la sécurité sociale sont apparents dans la promotion par l'Administration Bush des organisations religieuses comme pourvoyeuses de service dans les programmes internationaux d'aide et de secours. L'Administration a relancé l'aide humanitaire et l'assistance au développement comme les expressions de la charité religieuse, plutôt que des responsabilités internationales des droits humains. En 2002 Bush a créé par ordonnance un Center for Faith Based Initiatives à l'intérieur de l'USAID. Le site Web du Center note que 25% des ''partenaires'' de l'USAID sont des organisations basées sur la foi. Ses objectifs consistent : à lever ‘'les obstacles ou les barrières juridiques et politiques que les organisations basées sur la foi et la communauté rencontrent lorsqu'elles rivalisent pour des fonds fédéraux,'' à assurer ‘'l'égal accès au financement fédéral'' pour ces organisations ; et à fournir une ''assistance technique'' pour leurs efforts pour obtenir le financement fédéral.13 Les groupes Evangéliques sont de plus en plus actifs dans l'assistance humanitaire. Bien que les principaux groupes basés sur la foi et historiquement engés dans l'assistance humanitaire se soient généralement abstenus de faire du prosélytisme de manière flagrante, des groupes Evangéliques comme les Southern Baptists travaillent en Irak ont, nullement décontenancés, poursuivi un double agenda de prosélytisme et d'extension de l'aide humanitaire.
L'Independance du Pouvoir Judiciaire Remise en Cause.
La Constitution des Etats-Unis établit la séparation formelle de l'église et de l'état. Elle est souvent citée comme le modèle de structure pour un état laïc qui permet mais n'y participe ou ne privilégie pas l'expression de la croyance religieuse. Cette frontière (limite) entre l'autorité religieuse et l'état s'est révélée perméable, cependant. En pratique, les relations entre les institutions religieuses et l'autorité de l'état, et le niveau de l'influence religieuse sur la politique officielle aux Etats-Unis dépendent de la volonté du pouvoir judiciaire à restreindre l'action spécifique du gouvernement qui promeut la religion ou enfreint l'expression des croyances religieuses de la minorité.
Les tribunaux ont exercé une rigueur à des degrés variables pour prévenir contre la promotion de la religion par le gouvernement. La loi est à présent un patchwork caractérisé par des critères peu précis, notamment en ce qui concerne la réglementation par l'état des institutions religieuses et dans la mesure où elles sont sujettes aux mêmes exigences que les organisations laïques. Par exemple, les dispositions de « charitable choice » dans la loi de l'état et la loi fédérale ont été interprétées de façon à permettre aux hôpitaux Catholiques financés par le gouvernement de refuser les services qu'ils désapprouvent - services de contraception ou d'avortement - même là où ils sont les seuls hôpitaux dans la zone au service des citoyens à faible revenu, et où la vie ou la santé d'une femme enceinte est en danger. Les vues basées sur la religion ont figuré dans une gamme de décisions qui restreignent les droits relatifs à la sexualité, y compris la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis soutenant la criminalisation du rapport sexuel consensuel en privé, entre deux personnes adultes du même sexe.14 La Cour Suprême est très divisée sur le parrainage par l'état des activités sectaires, comme illustré par une décision 5-4 en 2002 soutenant un programme de ticket scolaire qui draine les recettes fiscales vers les écoles religieuses.15 Et historiquement les tribunaux ont, pour la plupart, réservé de la protection contre l'interférence du gouvernement par des pratiques religieuses au Christianisme, la religion dominante.
Néanmoins, le pouvoir judiciaire reste le défenseur le plus fiable de la séparation entre l'autorité séculière et l'autorité religieuse aux Etats-Unis, dans le climat actuel du soutien public en faveur de l'influence religieuse directe dans la politique officielle. Dans un camouflet à l'Administration Bush, la Cour Suprême des Etats-Unis a récemment décidé que les états pourraient de leur propre chef octroyer une bourse scolaire aux étudiants en théologie qui se destinent au pastorat.16 La Cour a rejeté la demande de l'Administration Bush selon laquelle ne pas pouvoir financer les activités religieuses constitue une discrimination religieuse, une prétention qui est un élément essentiel de l'effort de l'Administration d'accroître le rôle des organisations religieuses en tant que ''partenaires'' du gouvernement. (Les observateurs juridiques ont indiqué que la Constitution de l'Etat de Californie a fourni le fondement de la décision et en vertu de la Constitution Fédérale, les bourses universitaires financées par le gouvernement peuvent servir aux études de pastorat). Dans une autre décision récente, la Cour Suprême de l'Etat de Californie estimait que les Catholic Charities, une branche officielle de l'Eglise Catholique, ne peut refuser une couverture d'assurance médicale pour le contrôle de naissance sous le régime d'assurance-médicaments qu'elle offre aux employés en dépit de ses objections religieuses à la contraception.17
En Juillet 2003, la Cour Suprêmes des Etats-Unis a inverti sa précédente décision sur les lois relatives à la sodomie : dans Lawrence c. Texas elle a estimé que les lois criminalisant l'intimité sexuelle consensuelle par des couples du même sexe, mais pas un comportement similaire par des couples de sexe différent, violent le droit à l'intimité. La Cour a rejeté l'argument selon lequel de telles lois peuvent être justifiées comme l'expression des vues sincèrement religieuses, concluant que ceux qui soutiennent de telles croyances pourraient ne pas ''utiliser le pouvoir de l'Etat pour imposer ces vues à l'ensemble de la société par l'application du droit pénal.'' Et la décision de la Cour Suprême du Massachusetts reconnaissant le mariage du même sexe comme un droit à l'égale protection a des antécédents : en 2000 la Cour Suprême du Vermont demandait à l'état de faire bénéficier aux couples du même sexe des avantages et protections communs qui découlent du mariage selon la loi de l'état du Vermont.''18 et en 1993 la Cour Suprême de Hawaii estimait que l'interdiction du mariage du même sexe parait être inconstitutionnelle.19 Cette dernière décision était controversée par l'adoption en 1998 d'un amendement à la Constitution de l'Etat de Hawaii limitant le mariage aux couples hétérosexuels.20 La décision de 1993 était citée comme la preuve de la nécessité de promulguer la Federal Defense of Marriage Act, définissant le mariage comme l'union d'un homme et une femme.
Bush a décrit la décision du Massachusetts comme le maraudage des juges coquins, évoquant un cri de ralliement conservateur déjà connu contre les tribunaux comme des usurpateurs du processus démocratique. Les attaques semblables ont été lancées contre le pouvoir judiciaire pour avoir soutenu les droits génésiques. Dans les années 1950, 60 et 70, la même attaque avait été portée à l'encontre des tribunaux fédéraux des Etats-Unis pour avoir aboli les dispositifs de la ségrégation raciale. Bush et la droite religieuse ont cherché à reformuler la question du mariage du même sexe comme une question de processus démocratique, affirmant que les tribunaux ont outrepassé la volonté du peuple. Les sondages indiquent que le public des Etats-Unis est divisé à propos de la permissivité du mariage du même sexe, avec à peu près 50% d'opposants et grosso modo l'autre moitié décrivant les relations du même sexe comme '' contre la volonté de Dieu.''21 Mais les mêmes sondages révèlent une augmentation de la tolérance à l'égard des lesbiennes et des homosexuels mâles. Et la bonne volonté des autorités élues de San Francisco et d'ailleurs de permettre les mariages du même sexe comme une matière d'égalité des droits reflète la réalité du changement au niveau de l'acceptation sociale des droits civils pour les couples du même sexe.
En remettant en cause la légitimité de l'autorité judiciaire de décider quels droits sont protégés par la constitution fédérale et celles des états, l'Administration Bush espère détourner l'attention de la réalité de ce changement social. Les attaques sur le pouvoir judiciaire vient également à empêcher le discours basé sur les droits de s'enraciner dans la conscience publique. Le ton apocalyptique de ces attaques reflète le désir d'imposer récit religieux dans lequel les processus du changement social sont une guerre entre le Bien et le Mal : Sandy Rios, présidente du groupe néo conservateur Concerned Women for America, disait '' s'il est permis au tribunal de s'en aller impunément avec ces décisions, c'est le début de l'effondrement de notre démocratie.''22 Selon Gary Bauer, un ancien candidat Présidentiel et Directeur de American Values, a : ''pour celui qui n'a pas compris la lutte culturelle aujourd'hui, ceci en est la parfaite illustration.... Ces juges non élus essaieraient d'imposer ce que la législature non élue ose prendre en considération. Et au fait, ils ordonnent la destruction sans précédent du mariage malgré l'énorme soutien pour la composante la plus importante de la société.''23
Bien que ces attaques reflètent les évaluations stratégiques que l'opinion publique peut être mobilisée par méfiance vis-à-vis du pouvoir judiciaire, elles représentent un défi fondamental aux droits humains et aux institutions démocratiques. Une fonction primordiale des tribunaux est de soutenir les droits humains même en face d'une vaste opposition publique. Comme la Cour Suprême du Massachusetts l'a déclaré dans une décision : qu' ''il puisse subsister un résidu de préjudice personnel à l'égard des couples du même sexe est une affaire beaucoup trop connue aux autres groupes désavantagés'' ''Qu'un tel préjudice existe, il n'y aucune raison d'insister sur le peu que la constitution exige.''24 Lorsque la Cour Suprême des Etats-Unis abolissait toutes les lois interdisant les mariages interraciaux en 19967, 16 états prohibaient le mariage interracial.25 La désapprobation des relations interraciales était longtemps justifiée comme une ordonné par Dieu et en 1968 les sondages d'opinion indiquaient que 72% d'Américains désapprouvaient les mariages interraciaux. Un autre sondage en 1991 révélait que 42% d'Américains continuent de désapprouver de tels mariages.
Les attaques sur les tribunaux pour le soutien des droits des non majoritaires sont l'un des nombreux assauts en cours sur l'indépendance du pouvoir judiciaire. L'intégrité de la procédure judiciaire est gravement menacée par les changements radicaux institués par des mesures législatives et administratives après le 11 Septembre. Les tribunaux des Etats-Unis ont historiquement eu tendance à s'en remettre aux revendications formulées par le gouvernement suite aux analyses sécuritaires nationales pour refuser les droits humains. A telle enseigne que les tribunaux cèderont leur responsabilité institutionnelle de soutenir l'application de la loi devant le monstre de la sécurité nationale décidera dans plusieurs affaires en cours relatives à la soit disant « guerre sur la terreur. » Ces menaces sur l'indépendance du pouvoir judiciaire ont en commun le but de restructurer son rôle institutionnel de contrôler les branches exécutive et législative du gouvernement et de supprimer les protections des droits humains fondamentaux.
Un mécanisme principal pour saper l'indépendance du pouvoir judiciaire est la sélection de la procédure judiciaire. Des efforts concertés pour nommer des juges idéologiquement conservateurs avaient commencé sous les Administrations Reagan et Bush I et continué par les Républicains sous l'Administration Clinton. Les juges fédéraux des Etats-Unis sont nommés à vie, une approche qui était destinée à les isoler de la pression politique. L'Administration Bush actuelle a intensifié les efforts pour reformer le corps judiciaire fédéral, un élément cardinal de la révision néo conservatrice et religieuse droitiste des Etats-Unis, pour désigner et nommer des juges dont les vues sur les droits génésiques, le rôle des institutions religieuses dans la vie publique, la réglementation de l'entreprise privée, la protection de l'environnement, et le droit pénal s'y reflètent entièrement. En outre, les changements législatifs et administratifs ont éliminé les importants garde-fous procéduraux et réduit la portée substantielle des questions sujettes à une révision judiciaire.
Alors que l'Administration Bush tente de délimiter le rôle de la religion dans un système juridique Irakien reconfiguré, la réalité intérieure diverge de plus en plus de la vision constitutionnelle d'un état qui n'attribue pas les droits sur la base des vues religieuses. Les efforts pour miner le rôle institutionnel des tribunaux et l'expansion de l'influence religieuse dans la politique officielle des Etats-Unis mettent en évidence la leçon apprise par les femmes dans les contextes d'un pays tiers - la lutte pour l'application de la loi est un processus ouvert.
Les Multiples Significations de Mariage.
Lorsqu Bush annonçait son soutien à l'amendement constitutionnel interdisant le mariage du même sexe, il qualifiait le mariage comme '' l'institution la plus fondamentale de la civilisation'' et affirmait que '' l'union entre un homme et une femme est l'institution humaine la plus stable, la plus honorée et la plus encouragée dans toutes les cultures et par toutes les fois religieuses.''26 Le champion des valeurs ''familiales conservatrices'' Gary Bauer déclarait : ''toute culture dans le monde, toute civilisation dans le monde depuis 300 ans, a définit le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme.''27 Ces commentaires non historiques et culturellement à courte vue sont un exemple du déploiement du mariage - et des revendications concernant sa signification - comme un véhicule des objectifs politiques Chrétiens conservateurs.
En fait, comme Nancy Cott l'explique : ''ce que nous (aux Etats-Unis) croyons être la forme ''traditionnelle'' du mariage n'avait pas pris forme au début de l'ère Chrétienne, mais plutôt entre le 16è et le 18è siècle. Ce n'était alors que le mariage qui dériva des hypothèses chrétiennes à propos de la monogamie basée sur le consentement et la fidélité, mais autorisée et contrôlée par les autorités civiles au lieu de l'église, devint la norme.''28 La doctrine Chrétienne dans laquelle la loi du mariage aux Etats-Unis a pris racine estimait que le mariage doit être exclusif et permanent, et cherchait à limiter les expressions du désir sexuel aux relations conjugales. L'historien James Brundage a conclu que ;''virtuellement toutes les restrictions qui s'appliquent maintenant au comportement sexuel dans les sociétés occidentales proviennent des convictions morales inscrites dans la jurisprudence canonique médiévale de l'Eglise Catholique.29 Les croyances Chrétiennes relatives au mariage étaient incarnées dans le droit coutumier Anglais, à partir duquel elles furent transposées dans les systèmes juridiques des Etats-Unis.
La doctrine Chrétienne sur le mariage et la sexualité était gravée dans le droit des Etats-Unis en dépit du mandat constitutionnel de séparer l'église de l'état. La garantie constitutionnelle de la liberté religieuse n'a pas réussi de la même manière à protéger contre l'imposition des croyances Chrétiennes relatives au mariage à d'autres traditions religieuses. Les Etats-Unis ont obligé les Indiens d'Amérique à abandonner leurs traditions de multiple mariage et exigé des Mormons de l'Utha d'abolir la polygamie comme une condition d'admission à l'union fédérale. Au 19è siècle, les missionnaires des Etats-Unis travaillant à l'étranger, cherchaient à remplacer les pratiques matrimoniales qui existaient par la monogamie Chrétienne.
Les observations de Bush sur le pedigree du mariage traditionnel peuvent représenter une tentative de rallier les socio conservateurs des autres traditions religieuses contre le mariage du même sexe, mais sa vision en est une culturellement spécifique. La croissante diversité religieuse aux Etats-Unis pose un défi aux Chrétiens conservateurs qui cherchent à promouvoir leurs croyances à travers la politique officielle. Les alliances tactiques sur des questions particulières comme le mariage du même sexe peuvent être possibles. Mais un grand nombre Chrétiens conservateurs demande aux législateurs et aux politiques d'affirmer que les Etats-Unis sont une nation Chrétienne. La réalité de ces tendances théocratiques, et le haut niveau d'hostilité et de racisme à l'égard des Musulmans notamment, peut limiter le succès des efforts pour créer des alliances parmi les conservateurs dans les différentes traditions religieuses.
Les valeurs religieuses qui soutiennent les lois matrimoniales aux Etats-Unis coexistent avec les principes laïcistes. Le droit des Etats-Unis a adopté la vision Anglaise, spécifiquement Chrétienne Protestante du mariage comme une matière civile plutôt qu'un sacrement. Le mariage est une institution publique historiquement réglementée par des fonctionnaires de l'état. Le mariage civil créé des protections sur la base du statut, des avantages et des obligations à travers un large éventail, comprenant les droits économiques, familiaux, de propriété (immobiliers) et de l'immigration. Il reste distinct du mariage religieux, bien que les célébrations laïques et religieuses se chevauchent en pratique. L'état reconnaît la validité civile des mariages célébrés par des autorités religieuses, tant que ces célébrations sont conformes aux conditions par la loi (tels que l'âge minimum et la consanguinité). Les règles du mariage civil et du mariage religieux divergent, cependant. Les conditions religieuses peuvent être plus restrictives que celle de l'état - refusant les mariages interconfessionnels ou les remariages après divorce, par exemple - et certaines sont plus permissives - reconnaissant les unions du même sexe.
Les activistes pro mariage dans la communauté lesbienne et homosexuelle ont souligné les conséquences du mariage sur les droits civils. L'organisation de défense Freedom to Marry, par exemple, se réfère au mariage comme '' l'entrée juridique (accès) aux protections, aux responsabilités, aux avantages dont la plupart ne peuvent d'aucune autre manière être reproduits et fait remarquer que l'exclusion du mariage renforce ''le statut juridique et culturel de seconde classe'' des lesbiennes et des homosexuels mâles.30 Les arguments juridiques pour le mariage du même sexe définissent l'exclusion comme la discrimination basée sur le statut semblable à la criminalisation du mariage interracial opposé aux garanties égalitaires.
Les défenseurs relient habituellement de telles revendications égalitaires au modèle assimilationniste, dans lequel les couples du même sexe peuvent être absorbés dans les structures familiales normatives. Le message est « les lesbiennes et les homosexuels mâles ne sont pas et ne veulent pas du tout être, différents » Les organisations qui sont actives dans la campagne pro mariage, comme Freedom to Marry, Lamda Legal Defense, Human Rights Campaign, et des partisans individuels se font l'écho de ce thème. Comme le Révérend Dr. Troy D. Perry, fondateur de Metropolitan Community Churches, l'expliquait : ''de toute façon, mon partenaire Philllip et moi ne sommes pas différents des couples hétérosexuels dans notre quartier. Nous travaillons. Nous payons nos impôts. Nous participons aux organisations civiques. Nous allons à l'église le dimanche. Nous avons prouvé notre amour et notre engagement pendant plus de deux décennies - beaucoup plus longtemps que certains mariages hétérosexuels n'ont survécu.''31 Cette domestication de la sexualité transgressive peut avoir élargi le soutien en faveur du mariage du même sexe parmi les hétérosexuels ayant des vues sociales et libertaires. Jim Bruno, un adjoint au Maire qui célébrait un mariage du même sexe dans le New Jersey, faisait cette remarque rassurante : ''J'ai des voisins homosexuels et ils ne sont pas différents des autres personnes.... Ils taillent leur pelouse, ils paient leurs impôts et si je peux subir les affres du mariage et du divorce, je ne sais pas pourquoi ne devraient-ils pas aussi.''32 Le président de Log Cabin Republicans, groupes conservateurs des droits des homosexuels, Patrick Guerriero, personnifie les aspirations assimilationnistes'' tout ce que je veux c'est d'être traité comme l'Américain conservateur, respectueux des lois, qui paie ses impôts et craint Dieu que je suis.'' 33
Soutenir la campagne en faveur du mariage est loin d'être universel dans les communautés LGBT. Les critiques constatent que le mariage du même sexe se renforce plutôt qu'il ne modifie les normes hétérosexuelles. Selon Judith Butler, ‘'un grand nombre d'homosexuels sont mal à l'aise avec tout ceci, parce qu'ils ont l'impression que le sens d'un mouvement alternatif est en train de disparaître. La politique sexuelle était censée trouver des alternatives au mariage.'' Face à une opposition venimeuse au mariage du même sexe, un grand nombre d'activistes LGBT se sentent contraints de soutenir le dynamisme en faveur du mariage du même sexe comme un droit civil essentiel. Un débat très important à propos des modèles alternatifs de la reconnaissance par l'état des multiples formes du partenariat et de la famille est essentiellement limité aux universitaires féministes, aux cercles politiques et aux intellectuels publics gauchistes et progressistes.
L'augmentation de la tolérance publique des lesbiennes et des homosexuels mâles dont les identités ressemblent beaucoup aux normes hétérosexuelles peut avoir encouragé le mouvement pro mariage, puisqu'elle améliore les chances de succès d'un objectif qui était clairement inaccessible il y a dix ans. Mais en dehors de l'opportunité politique et des avantages consécutifs au mariage, quelles autres motivations sont en jeu dans le mouvement actuel en faveur du mariage du même sexe ? Après tout, le mariage a plusieurs significations, au niveau de l'expérience personnelle de même que dans ses dimensions sociales, religieuses, économiques et politiques. De nombreux activistes et des couples du même sexe qui s'étaient mariés à San Francisco et ailleurs ont souligné la signification du mariage comme une expression d'amour et d'engagement. Hartog soulève la possibilité que les changements juridiques qui ont fait du mariage une institution plus égalitaire et plus désirable aux lesbiennes et homosexuels mâles :
Je crois qu'il y a eu un important et historique changement dans les compréhensions drôles du mariage durant les quinze dernières années qui se relie à la hiérarchie légalisée dans le mariage. Il y a quinze ans existait une littérature considérable de critiques du mariage... (posant la question de savoir) pourquoi voudrions-nous croire en cette institution historiquement injuste, oppressive, conçue pour la subordination des femmes ? ....J'ai l'impression que de telles critiques ont disparu au cours des quelques dernières années. Il y a beaucoup d'autres explications possibles à ces disparitions, mais je soupçonne qu'une raison à la disparition de cette critique est le changement de la signification du mariage, du fait que les changements égalitaires de la génération précédente sont devenus des parties normatives et prévisibles du paysage juridique.35
Le reflet de cette possibilité est que, comme l'affirme Hartog :
''il y a une importante continuité généalogique entre ceux qui sont opposés à la libéralisation du divorce ( c'est-à-dire, ceux qui ont œuvré pour que les règles de la sortie demeurent rigoureuses), ceux qui sont opposés à la diversité de la règle des changements qui permettent aux femmes de revendiquer la relative égalité avec leurs maris, ceux qui ont insisté sur la poursuite de l'obligation des femmes de trouver leurs identités dans des mariages contrôlés par le mari , ceux qui décrient l'entée des femmes dans la main d'œuvre, ceux qui voudraient confiner l'expression sexuelle dans le mariage, et ceux qui conduisent l'attaque contre le mariage homosexuel.''36
Pour certains couples du même sexe, la croyance religieuse joue une part importante dans leur quête pour faire reconnaître leurs relations comme des mariages. Dans les communautés religieuses, les lesbiennes et les homosexuels mâles ont contesté la signification du mariage il y a plus d'une décennie. Un certains nombre de communautés religieuses reconnaissent maintenant les unions du même sexe, y compris Reform and Reconstructionist branches of Judaism, Unitaraian Universalists, Disciples of Christ, United Church of Christ, et the Metropolitan Community Churches. L'Episcopal Church n'a pas formellement approuvé les unions du même sexe mais autorisé individuellement les diocèses à les célébrer, et l'Eglise Presbytérienne permet des célébrations de la sainte union tant qu'elles ne sont pas appelées mariage. Les services de ces célébrations reflètent habituellement ceux utilisés pour les couples hétérosexuels, mais sont appelés unions sacrées, bénédictions du même sexe, célébrations d'un accord ou célébration d'engagement.
La conviction religieuse motive clairement les couples du même sexe qui se marient, ou cherchent à se marier dans les communautés religieuses. Le désir d'engager les croyances religieuses dans leurs termes personnels soulève les questions de savoir comment les activistes des droits humains qui sont des laïcs stricts rattachent les significations du mariage à la religion. Dans un document traitant des perspectives, Ann Pelligrini, théoricienne de la sexualité affirme que la féministe et LGBT devraient dépasser la condamnation du rôle de la religion dans la vie publique pour réfléchir sur la religion différemment.
Concernant les informations relatives aux efforts pour soutenir le mandat séculariste de la Constitution des Etats-Unis, consulter les sites Web de : Americans United for Separation of Church and State : http://www.aug.org ; People For The American Way, http://www.pfaw.org, y compris leur projet RightWing Watch ; et the American Liberties Union, http://www.aclu.org/ReligiousLiberty/ReligiousLibertyMain.cfm. Toutes ces trois organisations sont actives en politique et en litige et leurs sites Web fournissent des nouvelles mises à jour sur les développements politiques et juridiques et des résumés de fond sur des thèmes spécifiques concernant la religion dans la vie publique.
Concernant une critique de la promotion du mariage comme substitut des programmes efficaces de sécurité sociale, consulter, '' No Promotion of Mariage in Welfare Law,'' Anna Marie Smith, Martha Finman et Gwendolyn Mink, à
http://falcon.arts.cornell.edu/ams3/npmposition.html.
Pour des informations récentes sur les femmes aux Etats-Unis vivant dans la pauvreté et les politiques de sécurité sociale de l'Administration Bush voir the National Organization for Women's Legal Defense and Education Fund, à
http://www.now.org/issues/economic/welfare/index.html.
Pour des informations relatives à l'organisation sur une base communautaire de l'opposition aux politiques de sécurité sociale de l'Administration Bush, avec un accent sur les droits économiques et sociaux comme droits humains internationaux, consulter le site Web The Kensington Welfare Rights Union, une organisation multiraciale de et pour les pauvres et les sans logis créée par un groupe de femmes en 1991, à
http://www.kwwru.org/ehrc.html.
Pour des informations sur les programmes abstinence-uniquement, consulter''Abstinence-Only Education : Why First Amendment Supporters Should Oppose it'' réédité avec la permission de Sex & Censorship Committee, National Coalition Against Censorship, à
http://www.plannedparenthood.org/library/facts/AbstinenceOnly10-01.html.
Pour une présentation générale du rapport de l'Administration Bush sur les droits humains des femmes, y compris ses efforts pour nommer ses alliés idéologiques dans la magistrature, voir Geotge W. Bush's War on Women : A Pernicious Web, a Planned Parenthood report, à
http://www.plannedparenthood.org/facts/030114_waronwomen.html.
Pour des informations sur les décisions législatives et judiciaires des Etats-Unis sur le mariage du même sexe, les unions civiles et les droits y relatifs, et sur les autres domaines de la loi intéressant la communauté LGBT, voir ,
http://www.lamdalegal.org/cgi-bin/iowa.
Pour des informations sur la loi de l'état relative aux mariages du même sexe, voir également : 50-state Rundown On Gay Marrige Laws, http:/www.marriageequalityny.org/index.php ;''Equality in the States : Gay, Lesbian, Bisexual and Transgender Americans and State Laws and Legislation in 2004,'' http://www.hcr.org/Content/ContentGroups/Publications1/leg_report032004.pdf
Pour des informations sur la campagne relative au mariage du même sexe, voir les sites Web de Freedom to Marry,
http://www.freedomtomarry.org;
Lambda Legal.Defense and Education Fund,
http://www.lambdalegal.org/cgi-bin/iowa,
the Human Rights Campaign, http://www.hcr.org;
and the Amrican Civil Liberties Union, .http://www.aclu.org
Pour des informations sur les efforts à l'intérieur des communautés religieuses pour assurer la reconnaissance des relations du même sexe et d'autres questions intéressant la communauté LGBT, y compris l'ordination du clergé, voir les sites Web de Interfaith Working Group, un forum des organisations religieuses, des congrégations et du clergé qui soutiennent les droits égaux des minorités sexuelles, la liberté génésique et la séparation de l'église et de l'état, à
http://www.iwwonline.org;
and the National ReligiousLeadership Roundtable of the National Gay and Lesbian Task Force, an interfaith network of leaders from pro-gay, lesbian, bisexual and transgender religious organizations, à
. The Interfaith Working Group website comporte un index extensive des organisations et documents des traditions religieuses spécifiques, de même qu'un index thématique, avec des liens.

