Un autre monde est-il possible ?
Par Ana Elena Obando, WHRnet
La violence envers les femmes au sein du Camp des jeunes (Youth Camp) du Forum Social Mondial (FSM) (World Social Forum/ WSF) est un dur rappel que l'exclusion ou le manquement de la part du Forum de l'inclusion d'une perspective tenant compte des femmes, sont non seulement nuisible, sur le plan politique, à l'édification des mouvements sociaux, mais a également des effets réels et néfastes sur les femmes, sur le plan personnel. Cet article analyse les contradictions sexistes au FSM, et lance un défi aux mouvements de résistance en vue d'édifier une vision plus exhaustive de cet " autre monde. "
Les contradictions dans la révolution
Entre le 26 et 31 janvier 2005, divers mouvements sociaux, environnementaux, politiques, culturels, et spirituals en provenance de l'ensemble des régions du monde entier se sont rassemblés à Porto Alegre, au Brésil, dans le but de s'engager dans la résistance, le dialogue, la danse, la réflexion, le rêve, la méditation et l'édification d'une vision alterne du monde-- tout comme déclaré par l'appellation du FSM " un autre monde est possible. " Néanmoins, au sein de ce processus, des groupes et des individus pleins d'espoir se sont rencontrés face à face aux limites et face à la contradiction tant au long terme qu'à court terme, auxquelles a été en proie l'édification plus étendue des mouvements.
La contradiction nº1 : un dénominateur commun entre les mouvements de résistance que j'ai rencontré a été leur opposition générale au capitalisme néolibéral, à la militarisation, la guerre et la destruction de l'environnement et leur manque d'opposition à l'une des expressions de patriarchie qui est entrelacées avec les articles ci-dessus : les fondamentalismes, et particulièrement, les intégrismes religieux.
Les féministes d'Amérique du Sud ont présenté la question des fondamentalismes au Forum Social Mondial (FSM) par le biais de la campagne Articulación Feminista Marcosur (campagne de l'Organisme féministe du Mercosur) ; cette question ne fait pas partie de la structure de la discussion politique au forum, malgré la menace qu'elle représente pour la démocratie et les principes d'égalité et de diversité des identités et des croyances. Les gens sont également assujettis par alliances entre les groupes politiques, économiques et les groupes intégristes sur le plan d'idéologie religieuse. Le débat fondamentaliste aux États-Unis brandi par la droite dans le but de gain de votes lors des dernières élections est contraire aux principes les plus fondamentaux des droits de l'homme appelle au contrôle des corps et contrôle de la sexualité des personnes LGTBI. Il perpétue également les valeurs qui gardent les femmes dans leurs rôles traditionnels.
Les mouvements de résistance ont besoin de lutter contre plus que le fondamentalisme économique et politique de l'impérialisme américains. Les expressions de fondamentalisme se soutiennent les unes les autres et sont nées de la même logique qui confère un pouvoir absolu sur les systèmes économiques tels que le capitalisme, les systèmes fascistes tels que celui des États-Unis ou les systèmes religieux pour les intérêts de l'élite commercial qui bénéficie financièrement en exportant la guerre, au nom de Dieu.
Ceci ne veut pas dire que les mouvements sociaux et les églises ne peuvent ou ne travaillent pas ensemble. Les fondamentalismes sont ultimement un mouvement politique, et non un mouvement religieux. La théologie de la libération, par exemple, a appuyé des causes justes et a lutté contre certains fondamentalismes. Pour cette raison, le rôle politique et idéologique des groupes religieux et leur engagement à la justice sociale doivent être explorés d'une manière plus visible.
La question n'est pas uniquement comment les mouvements sociaux travaillent avec la religion, elle est aussi comment la vision de la révolution inclue l'appui et l'expérience d'un éventail de féministes. Par exemple, le Manifeste de Porto Alegre, qui établi les 12 points faisant la synthèse de ce que le forum propose soi-disant mondialement, a été rédigé par 18 hommes et 1 femme.
Le FSM est un espace ouvert aux rencontres et aux organismes. Il n'est pas un organe représentatif de la société civile mondiale, et par conséquent, personne ne peut assumer le droit à la parole au nom du groupe entier, comme ceux qui ont créé le Manifeste l'ont fait. Ceci est une pratique de pouvoir asymétrique, antidémocratique et sexiste qui est loin des efforts de création d'un modèle de société équitable, impartial et juste.
Le manifeste a inclus le combat pour des politiques publiques contre l'ensemble des formes de discrimination. Cependant, il a également inclus : l'annulation de la dette publique dans le Sud ; l'achèvement du plein emploi et de la protection sociale ; le démantèlement des paradis fiscaux ; l'adoption d'un commerce plus équitable ; l'interdiction de faire breveter les êtres vivants et les savoirs ; l'abolition de la privatisation de l'eau ; la démocratisation des organismes internationaux ; la garantie du droit aux informations et droit de rendement d'informations ; le démantèlement des bases militaires étrangères et l'éradication de la destruction de l'environnement, aucuns de ces derniers n'ayant été formulés à partir d'une perspective à l'écoute des femmes-et il n'y a pas eu de demandes en vue d'une considération du genre à titre d'annexe.
Ce manquement à l'incorporation d'une perspective féministe dans l'abord des questions, suggère une conviction que ces questions sont indépendantes de la subordination des femmes, bien que les femmes soient la moitié de la population dans le monde, et bien qu'elles soient fréquemment les plus pauvres et celles qui fournissent les services qui sont présentement privatisés.
Que ce petit groupe ait inclus la lutte contre les discriminations ne signifie pas que celui-ci ou que les mouvements qui se rencontrent au FSM sont conscients de l' interaction des oppressions multiples que différents systèmes de domination et d' exploitation comportent ou qu'ils sont conscients de la nécessité de faire rentrer dans le courant dominant de la société, une perspective féministe orientée sur le genre dans leurs luttes en qualité de pilier fondamental de résistance.
Cette contradiction, cette résistance compartimentée et non démocratique réitère la nécessité de travaux de mise en sensibilité accrue auprès des autres mouvements de la société civile. En tant que féministes nous avons une fois de plus le devoir supplémentaire de garantir une perspective orientée sur les femmes dans l'édification d'un autre monde, à savoir, la résistance au sein de la résistance. Nous devons donc continuer de lutter contre de nombreuses formes de patriarchie capitaliste tout en renforçant le mouvement à partir de l'intérieur et en augmenté la prise de conscience de ceux qui estiment que la révolution est possible. " La patience révolutionnaire," comme le disent les femmes brésiliennes, " ou une forme de maternité forcée ? À vous d'en décider. "
La troisième contradiction est la soi-disante mise du genre et de la diversité dans le courant dominant de la société théoriquement une partie de l'ensemble des activités du FSM. Malgré les espaces crées par les féministes au sein du FSM, des comités divers et des débats féministes sur le Bateau de la diversité (Diversity Boat) par exemple, les femmes continuent de naviguer entre les femmes et les femmes, incorporant d'une certaine mesure les ordres du jour, les soucis et les perspectives d'autres mouvements sans que ces mouvements incorporent pour autant le genre d'une façon significative.
Comment, alors, opérationnaliser " le mainstreaming " dans différent espaces ; au niveau institutionnel, il a résulté en des politiques qui rajoutent le mot " femme " sans appui budgétaire ou de véritable compréhension du concept. Sur le plan technique, l'appropriation du terme genre se veut signifier être synonyme à femmes. Dans la sphère civile, il semblerait que le mot soit entendu comme la somme de l'ensemble des personnes exclues (les LGBT et les mouvements féministes) dont les questions, les intérêts et les besoins continuent d'être considérés comme marginaux, particuliers et non comme une partie intégrale d'une lutte révolutionnaire, tel que dans le cas du FSM. De cette façon, les espaces sont assignés pour chaque groupe exclus dans le but de débattre leurs problèmes, mais les thèmes " généraux " tels que la mondialisation néolibérale, par exemple, n'aborde pas la pauvreté des travestis ou leur manque d'accès au marché du travail officiel.
Selon Les Pénélopes, sur les 570 événements qui ont eu lieu le premier jour du forum, seulement 25 étaient directement liés aux droits des femmes, soit un total de 4 % des événements, et étaient liés, en général, aux questions sur la sexualité, les combats des mouvements LGBT et la violence contre les femmes. Très peu d'entre eux ont peiné sur l'impact sur les femmes, de la guerre, une économie de solidarité ou de nouveaux défis de mondialisation. En outre, le Dialogue féministe, deux jours avant le FSM, a abordé les interconnections entre les multiples oppressions qui résultent des forces de la mondialisation néolibérale, les guerres, les conflits, le militarisme et la militarisation, et les fondamentalismes.
Par la suite, les féministes de devraient pas débattre seules sur les impacts de la guerre et de la mondialisation sur la moitié de la population mondiale ou les moyens de contributions à une économie de solidarité ou une lutte anti-impérialiste. Pour les mouvements sociaux d'une manière plus générale, il n'est pas suffisant de reconnaître l'autre ; il est nécessaire d'avoir une vision (quelque peu) partagée ainsi que d'avoir la nature des actions nécessaires pour nous y amener. De la même façon que le racisme peut être déconstruit par ceux possédant pouvoir et privilège, le sexisme doit également être déconstruit par ceux qui se disent s'appeler des révolutionnaires.
La démocratisation du FSM est plus qu'un échange des ordres du jour, elle est dans une réelle assimilation d'une perspective d'intersection féministe. À savoir, faire les connections entre l'ensemble des systèmes d'oppression tant politique que personnelle.
Dans un article publié dans ALAI, César Pineda a noté d'autres contradictions provenant d'une rencontre de divers groupes et personnes, dont des membres du Comité d'organisation du FSM. Je ne vais pas faire de commentaires sur ces derniers, mais il semble important de les partager pour que nous puissions réfléchir à la manière de les résoudre. Ils comprennent : " ...Il est contradictoire et contraire à la morale pour diverses entités et sociétés multinationales telles que la Fondation Ford ou Banco Santander de financer le FSM ; que le forum ne doit pas être utilisé par aucun group ou aucune personne en vue de fomenter un ordre du jour pour la réforme de la politique internationale (ONU) ou les organismes financiers (OIT) ; et que le forum a le devoir de radicaliser les types d'organisations qui édifient des réseaux et fomentent l'action et le dialogue entre les mouvements ; que le forum doit trouver des mécanismes qui appuient d'une manière égalitaire la participation des mouvements asiatiques et africains et met fin à l'exclusion explicite d'importants groupes tels que EZLN ; et que le forum doit être un document plus efficace en terme d'objectifs concrets, tels que l'arrêt de l'invasion américaine de l'Iraq. "
Il existe des incohérences idéologiques dans tous les mouvements, mais l'apprentissage politique personnel est un processus qui exige des travaux individuels et collectifs dans un même temps. Si nous tentons d'être une révolution holistique, nous devons nous gouverner nous-mêmes moyennant des principes de déontologie tels que le respect, la liberté, la responsabilité, la diversité, l'autonomie, l'absence de hiérarchie, la transparence, la justice, l'amour et autres principes que nous devons continuer de rajouter. Peut-être est-il vital que nous nous mettions d'accord sur un cadre de travail déontologique minimal entre tous les mouvements avant d'effectuer des propositions et stratégies conjointes. Il y aura également, cependant, une contradiction entre les dimensions politiques et personnelles et nombre de personnes continueront de lutter politiquement contre la mondialisation, tout en agissant personnellement aux termes de l'éthique capitaliste de l'individualisme libéral.
Cependant, on ne peut ignorer le fait que durant les années passées à édifier le forum, ont occasionné l'apprentissage collectif en termes de reconnaissance des autres groupes, mouvements et coopératives ; les échanges ; les intentions en vue du dialogue et de l'entente et une force insufflant de l'espoir, génératrice d'un type of contre-pouvoir, bien que nous continuons à faire face au défi qu'il n'existe pas encore autant d'alliances stratégiques entre les divers mouvements sur les questions concrètes telles que nous les souhaitons.
Les féministes continueront de maintenir des dialogues sur les féministes et entre ces dernières, en même temps que nous exigeons la revendication de nouveaux espaces avec les autres mouvements, qu'ils soient à l'intérieur ou en dehors du FSM. Ces espaces doivent aller en dehors du familier afin de formuler des stratégies sur les questions concrètes et afin de travailler collectivement sur la dimension politico-personnelle.
Le Camp des jeunes : nous sommes des Femmes, et non de la marchandise
Environ 35.000 personnes, y compris des étudiants, des artisans, des musiciens, des professionnels, des féministes, des punks, des gays, des lesbiennes et des marchants distribuant de la nourriture, de l'eau, des CDs, des tee shirts, des peintures, de l'encens, des tam-tams, des colliers et d'autres colliers, et nombre d'autres jeunes ont assisté au Camp international des jeunes durant le Forum Social Mondial.
En marchant à travers le parc Harmonie (Harmony Park), vous pouviez voir un arc-en-ciel de tentes de publicité, hamacs, fumée sacrée, personnes se faisant bronzer, drapeaux, photos de Bush avec des swastikas, expositions, espaces culturels et sanitaires, discussions, méditations et les images omniprésentes de Guevara, Marx et Bob Marley. Tout semblait prendre place dans une dimension parallèle de possibilités multiples jusqu'à ce que nous rendions compte que les valeurs patriarches étaient reproduites ici par ceux qui tentent d'être les plus révolutionnaires : des jeunes hommes qui ont kidnappé et violé des femmes comme si elles étaient leurs propriétés privées.
Ce crime mène à la quatrième contradiction qui est évidemment liée aux autres contradictions. Nombre des Ché Guevaras du vingt-et-unième siècle, qui sont très non semblables à leur idole, ont opposé la militarisation et violé les femmes dans un même temps dans le camp des jeunes. Peut-être qu'ils ne comprennent pas encore que l'un des objectifs inhérents de la militarisation est le contrôle de la sexualité des femmes ou le fait de voir le lien entre les deux combats en raison de la garantie de leur privilège lié à leur genre. S'ils comprennent que chaque fois qu'une femme est violée, qu'elle est traitée comme un objet sexuel, ou qu'elle est l'objet de discrimination, d'une certaine manière, la classe dominante perpétue son pouvoir, peut-être qu'ils pourraient réaliser que leurs actions personnelles affectent politiquement la possibilité d'un autre monde. Mais ceci exigerait d'eux du travail sur leur masculinité, et des mises en question des pratiques de pouvoir qu'ils exercent sur leurs camarades de section qui sont des femmes.
Le camp a essayé d'être un laboratoire de pratiques transformées socialement, une réinvention des liens politiques et de la vie en société. Ceci signifie, un espace où l'ensemble de la théorie au FSM est soi-disant pratiqué. Et je dis qu'il a tenté de l'être en raison des 90 cas de violence rapportés envers les jeunes femmes, du harcèlement oral et l'intimidation, au harcèlement sexuel dans les salles de toilettes, y compris des hommes se masturbant, regardant ou filmant des femmes nues, au viol.
Pour cette raison, la nuit du 29 janvier, un groupe of jeunes féministes venant du camp ont organisé une marche de protestation contre la violence que de nombreuses femmes au sein du camp avaient vécu. En solidarité, les femmes et les hommes se sont unis dans une marche à travers le camp avec des posters qui disaient : " Nous ne voulons pas de violence contre les femmes dans notre monde " ou " Nous luttons tous les jours : nous sommes des femmes, et non de la marchandise. " Ceci a été une importante étape-clé pour ce que nous voulons des relations politiques entre les femmes et les hommes, non seulement dans le camp, mais également dans la création journalière de cet autre monde possible.
Outre la marche, qui a provoqué de nombreuses réactions, à la fois de soutien et moqueuses de la part des hommes, on a dit aux femmes de ne pas voyager seules à travers le camp, mais en groupes. Un mécanisme de plaidoirie appelé les Brigades lilas (Lilac Brigades) a également été créé, composé de femmes portent une bande lilas à leurs bras afin que les jeunes femmes victimes de tout type d'abus puissent identifier quelqu'un qui pourrait leur porter assistance. De plus, des espaces ont été ouverts ayant pour objectif de faire des rapports au Laboratoire d'action féministes (Feminist Action Laboratory) et sur le Bateau de diversité (Diversity Boat).
Nombre d'entre elles ont noté que l'absence de sécurité dans le camp a été l'un des éléments qui a facilité la violence. De nombreux homes qui n'étaient pas inscrits auprès du forum avaient libre accès au camp, montrant clairement que les systèmes de contrôle et de sécurité a besoin d'être amélioré à l'avenir. De même, le fait que seuls les auteurs ont été détenus par la police ont montré le manque de mécanismes dans le but d'identifier les auteurs de violence. Cependant, nous savons que, plutôt que des mesures de sécurité, un travail de sensibilisation approfondi des males jeunes et des adultes est nécessaire. Il est temps pour les hommes qu'ils proclament qu'ils sont révolutionnaires afin d'aborder les logiques et les valeurs masculinisées derrière leurs actions.
Les femmes avec qui j'ai parlé dans le camp ont réagi avec tristesse, frustration et rage. Elles ont dit qu'un espace qui permet ou tolère la violence contre les femmes ne peut pas lutter pour un autre monde et ont été mécontents qu'aucune arrestation des auteurs n'ait été faite. D'autres ont demandé si un autre camp était possible car elles se sont senties envahies, non respectées et abusées durant la semaine entière.
Curieusement, la majorité des jeunes homes que j'ai interviewé un jour après la marche ont exprimé leur solidarité avec les femmes qui ont été attaquées, et leur solidarité avec la lutte féministe en général. Ils n'ont pas noté de contradictions dans les idéologies comme les femmes l'ont fait, ni n'ont semblé mécontents ou indignés, bien qu'ils aient été généralement conscients des exigences des féministes. Il est possible que nombre d'entre eux soutiennent les discours des féministes tant qu'ils leurs permettent de les traiter à titre d'objets sexuels en pratique et que les autres comprennent véritablement l'inter connectivité entre les différents systèmes de dominance.
Certains garçons ont déclaré et ont dit qu'il en était de la responsabilité des femmes d'éviter les attaques, du fait qu'elles les ont provoqués avec leurs comportements et qu'elles auraient dus qu'il était risqué de partager des toilettes publiques avec les hommes. Certains ont également proposé des toilettes séparées en guise de solution contre la violence, ceci semblable à la façon dont les racistes ont proposé des espaces séparés pour des différentes races/ethnicités en guise de solution au racisme. Si ils avaient lu Marx, ils auraient trouvé la phrase qui dit que ceux qui oppressent les autres eux-mêmes ne peuvent se libérer.
Une autre vision est-elle possible ?
Il est urgent que le Comité d'organisation du FSM révise non seulement les méthodologies, mais également la vision de cet autre monde possible, étant donné que les modes de pensées et de sentiments sexistes continuent d'être présents et continuent de contredire l'objectif du combat. La violence fait partie du continuum de sexisme dénoncé par les féministes depuis le premier forum.
Il est nécessaire d'avoir la parité des genres dans chaque comité, tel que demandé, d'accomplir des méthodologies inclusives d'oppressions et d'identités multiples, de mettre dans le mainstream une perspective féministe du genre, et au-dessus de tout, de rendre les différents mouvements conscients que la patriarchie est le plus ancien système de dominance et d'exploitation qui affecte d'une manière inégale l'ensemble des êtres animés sur la planète Terre et qu'en l'absence de son élimination, l'ensemble des autres systèmes fera mutation vers des formes sophistiquées d'oppression, mais ne sera pas éliminé.
Des sociétés antiques n'étaient pas capitalistes, mais possédaient des systèmes hiérarchiques qui ont sonné aux hommes plus de pouvoir, pouvoir semblable à celui d'aujourd'hui. L'éradication de la patriarchie est impossible sans le combat contre la mondialisation capitaliste et autres intégrismes, mais si nous ne modifions que l'un des systèmes, nous n'améliorerons pas les vies de la majorité des êtres humains.
Le capitalisme a pu lutter avec ses crises économiques sans perturber les relations sociales d'oppression sur la base desquelles il est fondé. Le féminisme socialiste pose une théorie qui nous permet de questionner les deux systèmes. D'un côté, le féminisme libéral, par le biais des lois et de certaines politiques en matière d'égalité d'opportunité, semble réduire les écarts entre les hommes et les femmes, mais on laissé intact l'oppression économique qui tue des milliers de femmes et d'enfants filles tous les jours.
Tous les mouvements sont en crise du fait que nous n'avons pas incorporé les visions, les pratiques et les analyses des autres, car nous n'avons pas œuvré ensemble sur les dimensions personnelles et politiques dimensions en raison du ralliement et de l'institutionnalisation de nombres d'entre nous. Nous pouvons tirer des leçons des expériences et des théories des mouvements de la société civile à travers leurs années de combat. Chaque mouvement a tant d'expériences à contribuer au processus.
Nous pouvons apprendre du féminisme marxiste de par son objectif d'élimination du capitalisme en tant que fondement de notre oppression, qui nous a permis de comprendre les liens entre la famille et le capitalisme, la dévaluation du travail domestique des femmes et les différentes classes d'oppressions chez les femmes. Cependant, leur point focal limité sur la production n'a pas pris en compte l'analyse de la reproduction et des intersections entre les catégories des genres et de la race. Néanmoins, à partir de ce point de départ, nous pouvons trouver les moyens de questionner l'accumulation de richesses et de capital, à savoir, le néolibéralisme, qui n'est pas plus qu'une spécificité du capitalisme qui donne privilège au capital et rend la main-d'oeuvre, dont les femmes particulièrement, invisible.
Le féminisme radical est le complément du féminisme marxiste, de par son analyse de la reproduction, les droits liés à la sexualité, le plaisir, les options liées à la sexualité, les identités liées au genre, la reconstruction des sexualités, et les concepts liés à l'auto détermination, l'utilisation des corps, et le droit de vivre sans coercition et violence. Bien qu'il incorpore timidement une analyse nécessaire et urgente des races et des classes, il est une force dans le combat contre les intégrismes et pour la prise de conscience que l'attribution envers les hommes et les femmes d'identités immobiles et dichotomes n'est plus possible.
Le féminisme socialiste nous fournit un combat conjoint à l'encontre de deux systèmes d'oppression qui partagent un fonctionnement identique : la patriarchie capitaliste, et qui nous aide à comprendre la division sexuelle du travail ainsi que les oppressions dans les sphères publiques et privées, bien qu'il soit critiqué de ne pas prendre en compte les points communs et les différences parmi les femmes moyennant un point de départ créateur d'un paradigme des plus oppressé(e)s.
Il ne s'agit pas d'une compétition entre les victimes en vue d'établir qui sont les plus opprime(é)s, mais plutôt, la création d'une vision intégrée et holistique d'un monde qui n'exclue, ne privilégie, ne marginalise, n'oppresse ni ne fait l'objet de discrimination à l'encontre d'aucun être vivant.
Le manque de démocratisation de la structure politique du FSM représente le danger de luttes divisées et par conséquent l'affaiblissement de la société civile entière, qui permettra de perpétrer les discriminations, les exclusions et les oppressions que nous essayons d'éradiquer. La révolution est sous construction et sa réalisation est la responsabilité de toutes les personnes qui vient sur la planète Terre.
Bibliographie
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Haralanova, Christina. "Is there an equal space for women's rights discussions at the Forum?." Les Pénélopes. January 29, 2005
[" Y a-t-il un espace égal pour les débats sur les droits des femmes ? ",
29 janvier 2005]
http://www.penelopes.org/Anglais/xarticle.php3?id_article=1213
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http://www.modemmujer.org/docs/19.170.htm
Obando M., Ana Elena. "Feminismo(s) y Derecho (Feminism(s) and Law)." Address presented at the Seminar "Derechos Sexuales y Reproductivos en Acción (Sexual and Reproductive Rights in Action)." Profamilia, Bogotá, Colombia. September 12, 2001
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Pineda R., César Enrique. "Samba SI!, ¡Davos NO!, Los otros ritmos de Porto Alegre (Samba YES! Davos NO! The other rhythms of Porto Alegre)." ALAI-amlatina Agencia Latinoamericana de Información (ALAI-amlatina Latin American Information Agency). February 7, 2005
[" Samba OUI ! Davos NON ! Les autres rythmes de Porto Alegre ", 7 février 2005]
http://alainet.org
Les Pénélopes
http://www.penelopes.org/Anglais/
Les femmes qui sont engagées dans la promotion, la publication et la dissémination des informations, par l'utilisation de l'ensemble des types de medias, du point de vue des femmes, ayant pour objectif la facilitation de l'ensemble des activités qui garantissent l'échange, le traitement, la mise à jour, la centralisation et la diffusion de ces informations en faveur de l'ensemble des femmes dans le monde.
World March of Women [la Marche mondiale des femmes]
http://www.marchemondiale.org/en/cancun2003.html
Un réseau mondial pour l'action féministe, ayant pour point focal principal les combats contre la pauvreté et la violence envers les femmes. Ce réseau croit en la mondialisation de la solidarité ; attaché de la valeur à la diversité du mouvement des femmes ; croit au pouvoir des femmes et à l'importance du débat de leurs idées et stratégies avec d'autres groupes féministes et mouvements sociaux. Ce réseau croit en l'importance d'un mouvement international autonome des femmes qui est transparent, démocratique et créatif ; ainsi qu'il croit en la nécessité de former des alliances avec les autres mouvements sociaux.
World Social Forum [le Forum Social Mondial]
http://www.forumsocialmundial.org.br/
Le FSM est un espace démocratique de débats d'idées, de réflexions approfondies, de formulations de propositions, de partages d'expériences et de coordination de mouvements, de réseaux, de ONG et d'autres organismes de la société civile qui sont opposés au néolibéralisme et à la domination du capital et de toute forme d' impérialisme, et ce cherchant à édifier une société à travers la planète ayant les êtres humains au centre. Le FSM propose de débattre des moyens alternes d'édification de la mondialisation dans la solidarité, qui respecte les droits de l'homme universels, l'ensemble des hommes et des femmes de l'ensemble des nations et l'environnement, fondé sur les systèmes et institutions démocratiques internationaux au service de la justice sociale, de l'égalité et de la souveraineté des peuples. Charter of Principles [Charte des principes]
Choike
http://www.choike.org/nuevo_eng/
Choike est un portail dédié à l'amélioration de la visibilité du travail effectué par les ONG du Sud. Il sert en tant que plateforme où les ONG peuvent diffuser leurs travaux et les enrichir dans un même temps par le biais d'informations en provenance de sources diverses, portail présenté à partir de la perspective de la société civile du Sud.
The Independent Media Center
[Le Centre des médias indépendants]
http://www.midiaindependente.org
Le IMC Brazil (Centre des medias indépendants brésilien) est un réseau de réalisateurs de médias indépendants qui offre au public des informations alternes et des critiques de qualité contribuant à l'édification d'une société libre et égalitaire respectueuse de l'environnement. Il tente de donner une voix à ceux qui n'en n'ont pas une, et est une solution aux médias des entreprises qui déforment les faits et présentent des interprétations selon les intérêts de l'élite économique, sociale et culturelle.
Rebelión (Rebellion)
[Rébellion]
http://www.rebelion.org/seccion.php?id=5
http://www.rebelion.org/mujer/030404glez.htm
Médias alternes publiant les nouvelles qui ne sont pas considérées importantes par les médias traditionnels. En outre, traite les nouvelles d'une manière différente, plus objective, afin de mettre à jour les intérêts des pouvoirs économiques et politiques que le monde capitaliste dissimule dans le but de maintenir leurs privilèges et le status quo. Il essaye d'aider l'ensemble des groupes, ONG et personnes qui travaillent à changer ce monde moyennant une perspective radicalement différente, plus juste, égalitaire et socialement et écologiquement équilibrée.
Indymedia Argentina (Argentina Indymedia)
[Indymédia Argentine]
http://argentina.indymedia.org/features/genero/
Le Argentina Indymedia Independent Media Center (( i )) (Centre argentin medias Indy des médias independants) est une coopérative démocratique de personnes bénévoles qui fonctionne en tant qu'organe organisateur du global Indymedia network (réseau médias Indy mondial). Ceux qui ne s'alignent pas avec les intérêts des entreprises n'ont pas de voix dans les médias traditionnels. La télévision, les journaux, et les revues de grande circulation sont dans les mains de quelques groupes économiques qui fournissent les nouvelles suivant leurs propres intérêts. L'appareil photo et le microphone de ces médias ne sont jamais du côté de ceux qui n'ont pas de voix, travailleurs, étudiants ou chômeurs.
La Minga. Informativa (La Minga Briefing)
[Briefing de la Minga]
http://www.movimientos.org/
La Minga est un espace dans le domaine de la communication des réseaux, campagnes et coordination des mouvements sociaux en Amérique latine et aux Caraïbes appartenant au Comunidad Web de Movimientos Sociales-CWMS/ Web Community of Social Movements (Communité Web des mouvements sociaux). Lors du Cinquième Forum Social Mondial, la Minga a organisé une couverture spéciale des événements principaux. Tous les jours, plus de 20 journalistes venant de 10 pays ont écrit des notes et des articles qui ont été utilisés par les organismes sociaux et les audiences internationales intéressées dans les processus en tant que sources d'informations et de consultation.
Mariela Jara
"El FSM excluye temas sobre derechos de mujeres (The WSF Excludes Women's Rights Issues)"
[" Le FSM exclue les questions sur les droits des femmes "]
Pulsar-AMARC
1/31/2005
http://pulsar.amarc.org/nota.php?id=3687
Jara fait des rapportages sur Ximena Machicao, une féministe bolivienne de REPEM, déclarations que les questions sur les droits des femmes sont parmi celles qui continuent d'être exclues des débats du Forum Social Mondial. Elle dit que d'autres groupes qui ont assisté à créer cet espace pour le combat contre le modèle néolibéral et la pauvreté se sont renforcés, mais que par comparaison, ceux liés aux droits en matière de race, d'ethnicité ou de droits des femmes ne sont pas visibles. " Et ceci est pourquoi nous disons que le forum continue d'être un forum préjugé et discriminatoire. "
Articulación Feminista Marcosur (Marcosur Feminist Organization)
"Forummentalismos: Las contradicciones del forum social mundial (Forummentalisms: The Contradictions of the World Social Forum)"
[" Les 'isms' du Forum : contradictions du Forum Social Mondial "]
CHOIKE
1/31/05
http://www.choike.org/nuevo/informes/2554.html
À bord du bateau de l'organisation féministe du Mercosur (Marcosur Feminist Organization boat), les féministes ont déclaré que le FSM n'a pas incorporé le combat contre tous les types d'intégrismes d'une façon semblable à son opposition à la mondialisation néolibérale et au militarisme.
"Campaña por una Convención Interamericana de los Derechos Sexuales y los Derechos Reproductivos (Campaign for an Inter-American Convention on Sexual and Reproductive Rights)"
[" Campagne en vue d'une Convention inter-américaine sur les droits liés à la sexualité et la reproduction "]
http://www.convencion.org.uy/
La campagne essaye de promouvoir un instrument international des droits de l'homme dans le but d'avancer et d'augmenter la reconnaissance et la surveillance de ces droits. La proposition est au centre des disputes politiques, sociales et déontologiques actuelles sur la liberté, les individus et les façons dont la sexualité et la reproduction sont organisées et estimées dans nos sociétés. La campagne se joint aux combats engagés à la démocratisation radicale de la vie pour l'ensemble des êtres humains.
Leur objectif est l'institutionnalisation d'un discours sur les droits qui place le recouvrement et la réappropriation des corps et des vies des femmes au centre reconnaissant les femmes en tant que citoyens à part entière possédant une vision qui élargit l'horizon des libertés et offre de nouvelles significations aux principes d'égalité et de non discrimination pour l'ensemble des êtres humains.
Women's Global Charter for Humanity
[Charte mondiale des femmes pour l'humanité]
http://www.marchemondiale.org/en/index.html
Les délégué(e)s de la Marche mondiale des femmes rassemblées à Kigali, Rwanda ont adopté la Charte mondiale des femmes pour l'humanité (Women's Global Charter for Humanity) le 10 décembre 2004, qui propose de bâtir un monde sans exploitation, oppression, intolérance ou exclusion, où l'intégrité, la diversité et les droits et les libertés de toutes et tous respectés. Ce monde est fondé sur l'égalité, la liberté, la solidarité, et la paix. La Charte contient 31 affirmations qui décrivent les principes essentiels à l'édification d'un tel monde. Entre le 8 mars et le 17 octobre 2005, la Charte mondiale des femmes pour l'humanité sera rendue publique. Les femmes apporteront la charte de pays en pays et organiseront différentes actions. Elles mettront sur pied un édredon de solidarité (solidarity quilt) illustrant les valeurs de la marche.

