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Femmes et Médias: Progrès et Problèmes
Octobre 2003

Par Carolina Rodriguez Bello, WHRnet

Vue Générale
Mécanismes des Droits Humains
Faits et Chiffres
Ressources Additionelles


Vue Générale

La Quatrième Conférence Mondiale des Femmes de Beijing de 1995, Chine, a mobilisé l'attention et l'action internationales sur le rôle des Médias dans la perpétuation de la subordination des femmes ainsi que son importance dans la promotion des droits des femmes. Le Programme d'Action de Beijing ( PAB) a donné une vue d'ensemble des problèmes et questions qui entourent les femmes et les médias et a expliqué clairement les stratégies spécifiques pour les gouvernements, les organisations des médias, les organisations non gouvernementales et les autres acteurs de la société civile. Il a appelé à : a) la participation accrue des femmes et à l'accès aux médias et aux nouvelles technologies de l'information (TIC) ; b) la promotion d'une représentation équilibrée et non stéréotypée des femmes dans les médias.

Plus de quatre ans plus tard, WomenWatch, une initiative des Nations Unies pour évaluer les progrès et les obstacles du PAB a tenu une discussion en ligne. La discussion a conclu qu'il y'a eu quelques améliorations dans la façon dont les médias présentent les femmes aussi bien dans la publicité et la couverture médiatique. Les femmes occupent encore rarement les postes de prise de décisions dans les organisations médiatiques. Les développements technologiques ont rendu l'image des femmes dans les médias plus complexe et ont contribué à des attentes sociales inaccessibles autour de la beauté et des capacités des femmes. Cependant, elle a également noté que les groupes de contrôle des femmes et des médias ont fait quelques contributions dans la promotion des images et des rôles positifs des femmes dans les médias.

La 47éme session de la Commission des Nations Unies sur la Condition de la Femme en mars 2003 a affirmé l'importance de l'accès et de la participation des femmes dans les médias et les TIC pour l'autonomisation des femmes. La CSW a appelé les gouvernements, les organes des Nations Unies, les institutions financières internationales et la société civile à continuer à suivre la tendance dominante des perspectives sexospécifiques et à assurer la pleine participation des femmes dans les politiques nationales, la législation, les programmes et les instruments de régulation et techniques dans tous les domaines de la communication. La session a également analysé l'exploitation sexuelle croissante des femmes à travers les médias traditionnels et à travers les nouvelles technologies et a appelé à plus de recherche sur l'impact des médias et des TIC sur les femmes et les filles.

En rapport avec le Sommet Mondial sur la Société de l'Information (WSIS) qui se tiendra à Genève en décembre 2003 et à Tunis en 2005, la Commission a recommandé l'intégration des perspectives sexospécifiques dans tous les aspects du sommet. Elle reconnaît la nécessité d'examiner les inégalités qui empêchent aux femmes d'accéder de manière égale aux chances et aux bénéfices dans les médias et à la connaissance en émergence et à la société de l'information. Une manière de le faire consiste à assurer la participation des femmes, des experts en égalité sexospécifique et des experts en information et en technologies de la communication des femmes au WSIS.

Médias, l'agenda de l'économie de marché et la sexualité des femmes

L'idéologie de l'économie de marché et les progrès technologiques dans la télécommunication ont facilité et obligé les fusions entre les sociétés des médias et ont subsumé plusieurs petites compagnies des médias. Ceci a conduit à la concentration du contrôle des médias par de grandes sociétés avec de forts intérêts commerciaux. En outre, les fusions et les connections entre les sociétés des médias globales et nationales ont permit aux médias d'influencer les opinions publiques et les attitudes plus que jamais avant.

Les médias globalisées répandent des images et des sons homogénéisés et, en retour, intensifient l'aliénation ou « othering» (autre) des populations—immigrés, groupes d'autochtones, personnes handicapées, femmes âgées, etc. Sous l'hégémonie de la culture et des modes de vie occidentaux, ceux qui tombent sous la catégorie des « autres » --symboles, langues, pratiques religieuses et coutumes — sont devenus les « primitifs » exotiques localisés pour la réflexion des anthropologues. Même si en même temps les médias peuvent être capables de présenter des images et des cultures diverses des pays en développement, elles sont plus présentées comme exotiques et étranges plutôt qu'aussi valides et légitimes que les équivalentes occidentales.

A travers l'homogénéisation des peuples et des cultures, les sociétés ont frayé leur chemin vers plus de sociétés et plus dans la vie des femmes, à la fois dans les pays en développement et les pays développés. L'homogénéisation sert les intérêts du marché en matière des femmes. Le marché et les médias ont intensifié la consommation à outrance à travers les publicités qui ont idéalisé la « poupée Barbie ®» Aryenne. Les médias sont devenus un instrument de marché efficace dans la création des nécessités pour vendre les produits qui garantissent de modeler les femmes en la beauté idyllique aryenne. Plus que jamais, les femmes sont évaluées sur la base de leur look et non pas selon leurs capacités. La belle femme a une peau claire et sans défaut, a de gros seins, est mince, active, parmi d'autres caractéristiques physiques de l'idéal aryen, et comme un plus, est une femme avec une belle carrière. Le marché et les médias ont aussi dessiné comment les femmes doivent se conduire à l'intérieur de leurs maisons. Les femmes idéales ne sont pas seulement belles mais sont aussi des mères et des épouses parfaites- avec l'aide des sociétés, les femmes sont capable de préparer le parfait repas pour la famille ou blanchir le sale tee-shirt blanc de leur mari.

En même temps, les corps des femmes sont continuellement utilisés pour vendre les cigarettes, les liqueurs, les voitures, les parfums des hommes et d'autres produits masculins identifiés, ainsi que les magazines, les journaux et les programmes de télévision.

Cependant, il y'a un débat entre les féministes au sujet de la sexualité des femmes dans les médias. D'une part, la plupart des féministes condamnent la matérialisation et la chosification des corps des femmes dans les médias. Ce point de vue soutient que les femmes dans la pornographie, ainsi que dans la prostitution, sont victimes de la violence sexuelle à l'égard des femmes. Les images pornographiques des femmes dégradent toutes les autres femmes en général et contribuent à maintenir la subordination des femmes dans la société. D'autre part, certaines féministes soutiennent que la censure des images sexuelles des femmes dénierait davantage la revendication des femmes de leurs propres sexualités, et par conséquent, le contrôle des femmes de leurs propres corps. Pour elles, on doit lutter contre la pornographie et le travail sexuel seulement s'ils sont pratiqués contre la volonté de la femme.

En ce qui concerne l'orientation sexuelle, la plupart des médias projettent clairement l'hétérosexualité comme une norme et le « normal ». « Les autres »-- gais, lesbiennes, bisexuels, transsexuels – qui parfois parviennent à figurer dans les médias dominants sont souvent présentés plus comme des êtres étranges qui sont des exceptions à la norme plutôt que des individus normaux qui constituent une grande partie de la société.

Globalisation et Fondamentalismes

La montée des fondamentalismes a souvent été liée à la globalisation néo-libérale et à l'homogénéisation de la culture occidentale. Les femmes sont attrapées entre les forces du marché néo-libéral et les forces fondamentalistes conservatrices, les dernières apparaissent souvent sous la forme de luttes locales entre la globalisation et les impérialismes économiques, politiques et culturels.

Les tendances fondamentalistes peuvent également être observées dans de nombreux États, qui ont un contrôle intensifié sur les médias et ont changé leur réglementation et filtrent le contenu de l'Internet pour l'interdiction absolue de l'utilisation de l'Internet.

Les approches féministes du fondamentalisme sont devenues plus nuancées et délibérément prudentes. Les analyses féministes ont exploré les dimensions fondamentalistes de la globalisation de l'économie du marché, des fondamentalismes religieux, des fondamentalismes nationalistes et d'autres forces et tendances fondamentalistes. Un des composés clés des analyses féministes repose sur le cadre du contrôle des femmes de leurs propres corps : Par exemple, les exploits et les profits de l'économie du marché sur les sexualités des femmes en concevant des attitudes et en créant des besoins autour des corps des femmes ; les fondamentalistes religieux répriment et punissent sévèrement les expressions et les modes de vie sexuels des femmes.

Stratégies féministes

Tandis que les progrès technologiques et la globalisation des médias a crée ou renforcé les désavantages structurels des femmes, ces mêmes tendances ont aussi ouvert plus de chemins aux alternatives et à l'établissement des réseaux entre les femmes. Par exemple, il y'a eu de l'énergie renouvelée dans le développement de la solidarité entre les femmes et les mouvements sociaux et dans la revivification des formes et expressions culturelles positives du Sud.

Certaines formes de stratégies féministes dans la promotion des droits des femmes au sein et à travers les médias comprennent les efforts de créer des médias des femmes alternatifs, l'éducation en matière des médias, la création ou la collaboration avec les groupes de contrôle des médias existants, la défense des droits dans le domaine des médias au sein et avec les gouvernements et les organisations non gouvernementales et l'intégration des perspectives sexospécifiques dans les codes de conduite des médias.

Mécanismes des Droits Humains

L'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) reconnaît le rôle des médias dans la facilitation de la liberté d'expression et d'opinion. Il stipule : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

L'article 19(2) du Pacte International Relatif au Droits Civils et Politiques (PIRDCP) déclare : « Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. » Dans le paragraphe 3, le PIRDCP permet des restrictions temporaires qui peuvent être exigées par les États aux médias en « respect des droits ou de la réputation d'autrui » et à « la sauvegarde de la sécurité nationale, de l'ordre public, de la santé ou de la moralité publiques. »

Dans la Résolution 2003/42, le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme (HCNUDH) a défendu le droit à la liberté d'opinion et d'expression des institutions des médias et des professionnels de l'information en les avertissant contre « l'invocation injustifiée de la sécurité nationale, y compris la lutte contre le terrorisme. »

La Convention sur l'Élimination de Toutes les Formes de Discrimination à l'Égard des Femmes (CEDAW) a examiné toutes les formes de discrimination qui ont lieu au sein des sphères publique et privée des vies des femmes. En particulier, elle interdit toute forme de rôle sexuel stéréotypé et préjudice, l'exploitation et la prostitution des femmes ainsi que la discrimination dans la vie publique et politique, l'éducation et l'emploi.

La section du Programme d'Action de Beijing de 1995 sur les femmes et les médias offre un guide pour la promotion des femmes à travers l'accès et la participation des femmes à l'expression et à la prise de décision et à travers les médias et les nouvelles technologies de la communication. Elle guide également les gouvernements dans la promotion d'une image équilibrée et non stéréotypée des femmes dans les médias.

La Déclaration de Vienne de 1993 et le Programme d'Action a affirmé l'importance des médias dans la promotion des droits humains. L'article 39 stipule : « Soulignant l'importance d'une information objective, responsable et impartiale pour ce qui a trait aux droits de l'homme et aux questions humanitaires, la Conférence mondiale sur les droits de l'homme préconise une participation accrue des médias auxquels liberté et protection devraient être garanties dans le cadre de la législation nationale.»

La Déclaration de Durban et le Programme d'Action qui sont issus de la Conférence Mondiale Contre le Racisme à Durban, Afrique du Sud en septembre 2001 ont reconnu le rôle des médias dans la promotion des droits humains et dans la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les formes d'intolérances y relatives. Le paragraphe 93 a affirmé que « tous les États doivent reconnaître l'importance de la communauté des médias qui donne une voix aux victimes du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance y relative. » Le paragraphe 17 appelle les États « à engager des ressources financières pour l'éducation contre le racisme et les campagnes médiatiques promouvant les valeurs de l'acceptation, la tolérance, la diversité et le respect des cultures de toutes les personnes autochtones vivant au sein de leurs frontières nationales . En particulier, les États devraient promouvoir une compréhension exacte des histoires et cultures des populations autochtones. » Les paragraphes 140 et 147 se sont centrés sur « l'information, la communication et les médias, y compris les nouvelles technologies. » Cette section a appelé les États a prendre des mesures concrètes pour encourager les communautés marginalisées « à accéder à la tendance générale et aux alternatives des médias, à promouvoir le développement du code de conduite éthique et des mesures et politiques de propre régulation, » « à encourager les médias à éviter les stéréotypes basés sur le racisme, la xénophobie et l'intolérance y relative… » et à encourager la diversité entre les travailleurs des organisations des médias.

Faits et Chiffres

  • Les médias promeuvent et reflètent la tendance générale prédominante des normes standards pour la forme et la taille du corps et l'importance de la beauté. Les médias reflètent les images de maigreurs et relie cette image aux autres symboles de prestige, bonheur, amour et succès des femmes. (About-Face.org)
  • Barbie ®, un mannequin et un super modèle, n'a pas les proportions correctes pour être une personne actuelle. Si une femme actuellement a les proportions d'un mannequin moyen elle ne devrait pas être en assez bonne santé pour avoir ses menstruations. (Girls' Pipeline to Power: Report on the Beijing Plus Five). Aux Etats-Unis, 90% de toutes les filles âgées de 3 à 11 ans ont une poupée Barbie ®, un premier modèle de mannequin avec un corps inaccessible dans la vie réelle. About-Face.org)
  • Aux Etats-Unis, une analyse des programmes médiatiques du soir en 2002 a montré un pourcentage de 14% de femmes protagonistes, contre 86% d'hommes. La Conseillère de la Sécurité Nationale Condoleeza Rice a occupé 10 des 45 apparitions, suivie par le Sénateur Hillary Clinton (27) et la Première Dame, Laura Bush (20). (Sheila Gibbons, Media Report To Women)

Sur les femmes travaillant dans les médias, les statistiques mondiales par International Women's Media Foundation, 2001 (IWMF)

  • Le nombre total des femmes journalistes qui travaillent dans les médias à travers le monde a baissé de 2 pour cent au cours des cinq dernières années, selon une étude de la World Association for Christian Communication. Aujourd'hui, on compte 45 pour cent des femmes travaillant comme journalistes ; on comptait 43 pour cent en 1995.
  • Dans le rapport de 1995 de Margaret Gallagher pour l'UNESCO, les femmes ne constituent pas une partie importante des effectifs des médias. En Asie les femmes constituent 25 pour cent du total des effectifs des médias. En Amérique Latine elles constituent 25 pour cent. Dans le sud de l'Afrique elles sont 27 pour cent. Dans l'Europe occidentale et aux Etats-Unis elles sont 35 pour cent. Dans le monde entier, les femmes constituent 79 pour cent de tous les travailleurs à temps partiel dans la presse.
  • Selon le rapport Gallagher, au Japon, les femmes constituent seulement 8 pour cent des travailleurs des médias ; en Inde et au Malawi, elles sont 12 pour cent ; en Argentine et au Mozambique, les femmes constituent 16 pour cent des effectifs des médias. En Afrique, les femmes sont 8 pour cent des directeurs de la radiodiffusion et la télévision et 14 pour cent des directeurs des médias écrits. En Amérique Latine, les chiffres sont de 21 pour cent pour la radiodiffusion et la télévision et 16 pour cent pour la presse écrite.
  • La Radio-Television News Directors Association aux Etats-Unis a rapporté que les femmes constituent 24 pour cent des directeurs des médias à la télévision et 20 pour cent dans la radio. L'American Society of Newspaper Editors rapporte que les femmes constituent seulement 34 pour cent des superviseurs des espaces médiatiques aux Etats-Unis.
  • Une majorité (près de 60 pour cent) des femmes journalistes du monde entier qui ont répondu à une enquête d'IWMF de 1997 ont déclaré que même pas un sur 10 des décideurs de leurs sociétés étaient des femmes. Le nombre était même plus élevé (79 pour cent) pour les personnes interrogées d'Asie.

(Source: "Where Women Stand," de la brochure "Leading in a Different Language: Will Women Change the News Media?" International Women's Media Foundation, 2001)


Sources:

Participation and access of women to the media, and their impact on and use as an instrument for the advancement and empowerment of women, Women Watch, 2002.

47éme Session de la Commission sur la Condition de la Femme

Rapport de la Discussion en ligne sur les Femmes et les Médias, (Section J, Programme d'Action de Beijing) 8 Novembre- 17 Décembre 1999

Susanna George, Media and Globalisation: A View from the Margins, Isis International-Manille

Leading in a Different Language: Will Women Change the News Media? International Women's Media Foundation, 2001

About Face


RESSOURCES ADDITIONELLES


Points de vue

In preparation

Entrevues

Organisations et Mouvements des Femmes dans les Caraïbes et au Niveau Mondial, entrevue avec Peggy Antrobus. Elle est de Grenada, dans les Caraïbes et a été engagée dans les organisations des femmes depuis 1975. Elle a été impliquée dans la formation des réseaux tels que Caribbean Association for Feminist Research and Action (CAFRA) (l'Association des Caraïbes pour la Recherche et l'Action Féministe) en 1980, Development Alternatives for Women in the New Era (DAWN) (Développement des Alternatives pour les Femmes dans la Nouvelle Ére) en 1985 et International Gender and Trade Network (IGTN) en 1999. Peggy écrit actuellement un livre sur le mouvement des femmes dans le monde. (Octobre 2003)

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