sociaux et culturels (les DESC)
Par Gabriela de Cicco, AWID
Le 2 juin 2005, à Lima, au Pérou, le premier Ethical Political Tribunal (premier Tribunal de l'éthique et la déontologie des politiques) aura lieu, ayant pour objet de signaler les infractions aux droits économiques, sociaux et culturels (les DESC) des femmes péruviennes commis par l'État et le secteur privé. Les femmes signaleront non seulement les infractions, elles exigeront également des réparations et des dommages-intérêts.
Jessenia Casani, assistante auprès de la Coordination nationale pour le Tribunal DESC des femmes péruviennes observe que « le Tribunal émerge d'une initiative conjointe d'un consortium régional formé de cinq pays, à savoir, la Bolivie, le Pérou, l'Équateur, le Chili et la Colombie. Depuis 2003, le consortium a mené un vaste processus organisationnel et une campagne de sensibilisation avec les femmes de leurs pays respectifs, processus qui culminera en un premier Tribunal régional devant également avoir lieu au Pérou au sein du Congrès républicain le 15 juillet 2005. »
Deux procès et quatre témoignages seront présentés au Tribunal national péruvien. Ces procès et témoignages démasqueront la réalité que vivent les femmes lesbiennes, les femmes touchées par l'industrie d'exploitation minière, les femmes travaillant dans l'industrie de l'agro-export et les employées de maison. Les témoignages dévoileront également les rouages plutôt sinistres du système de santé péruvien, qui, d'un côté, refuse l'accès aux avortements thérapeutiques tout en menant, de l'autre, des stérilisations forcées. Dans leur communiqué de presse, les organisateurs nous informent que les femmes vont « dénoncer les infractions systématiques à leurs droits économiques, sociaux et culturels et exigeront justice du Tribunal, qui sera publique et ouvert à l'ensemble des citoyens. »
Le jury consistera en un groupe de femmes réputées pour leurs travaux dans le domaine des droits de l'homme. Il rendra un verdict après avoir entendu les éléments du procès, les débats juridiques/ légaux et les motifs de défense avancés par les représentants de l'État. Selon les organisateurs, « le verdict énoncera les responsabilités de l'État et du secteur privé et fera également des recommandations nécessaires à la restauration des droits enfreints. »
La Coordination nationale du Tribunal DESC pour les femmes a oeuvré inlassablement pour garantir que les tribunaux aient lieu. Selon la Coordination, « les DESC garantissent que tous, sans aucune discrimination, jouissent de conditions de vie adéquates et de l'accès au bien-être et au développement. Les DESC offrent, entre autres, la garantie des droits fonciers, du droit au crédit, droit au travail, droit de former des syndicats et de manifester, droit à la sécurité sociale, droit à un logement adéquat, droit à la santé mentale et physique y compris la santé liée à la sexualité et à la reproduction, droit à l'éducation, droit de participer à des manifestations, droit à la vie culturelle, droit à une orientation sexuelle libre, droit de jouir des bénéfices du progrès scientifique. »
Dans la majorité des pays, les infractions aux DESC se produisent quotidiennement, les femmes étant les premières victimes de ces infractions. Cette situation a été aggravée par l'imposition de politiques néoliberales, qui ont aussi accentué les inégalités sociales et les inégalités entre les sexes.
Les organisateurs déclarent que « bien que les DESC soient garantis par les instruments internationaux juridiques auxquels l'État péruvien State est signataire, tels que le Pacte international sur les Droits économiques, sociaux et culturels (le PIDESC) et la Convention sur l'Élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes (CEDAW), ces droits figurent également dans notre propre Constitution mais sont absents de la vie quotidienne de la population, particulièrement pour les femmes. »
Les institutions suivantes font partie de la Coordination nationale :
Asociación Aurora Vivar, Central Nacional de Mujeres Mineras, Centro Flora
Tristán, FEMOCCPAALC, Grupo Género y Economía, Coordinadora de Lesbianas
Feministas, Lundú, Milenia Radio, y DEMUS Estudios para la Defensa de los
Derechos de la Mujer.
Le Tribunal national se tiendra le jeudi 2 juin de 9 h 00 à 17 h 00, au DERRAMA MAGISTERIAL situé sur Avenida Gregorio Escobedo 598. Il est ouvert au public.
Pour des informations supplémentaires, contacter tribunaldesc@yahoo.com

